"Des gens m’aiment, d’autres non" : à l'aube de ses retrouvailles avec le BO Aldigé se confie

"Des gens m’aiment, d’autres non" : à l'aube de ses retrouvailles avec le BO Aldigé se confie

Jeudi soir, le promu Nissa Rugby lancera sa saison de Pro D2 par un déplacement à Biarritz. Pour Jean-Baptiste Aldigé, ancien patron du club basque de 2018 à 2024 et désormais président de Nice, ce voyage sera forcément particulier. En début de semaine, pendant une grosse demi-heure, il a raconté comment il appréhendait les retrouvailles avec le BOPB, a parlé de son évolution en tant que président, du côté influenceur de Francis Saili fraîchement arrivé sur la Côte d’Azur ou encore de la "danse" qu’il a entamée avec la mairie de Nice pour mieux connaître le projet d’Eric Ciotti cet été…

Nice lancera sa saison par un déplacement à Biarritz. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

D’un point de vue personnel, je trouve que c’est un peu trop tôt. J’aurais aimé, comme pour le match à Agen, pouvoir le préparer un peu plus… On plonge directement dans le bain, on touche l’eau et on va découvrir si elle est chaude ou froide. C’est donc une mauvaise nouvelle. Ensuite, d’un point de vue rugbystique, on s’attaque de suite à un gros. Biarritz a clairement affiché qu’il jouait le top 6, c’est le quatrième budget de la division. Après, quand je regarde les déclarations et objectifs affichés de tous les clubs, j’ai l’impression qu’ils jouent tous le top six. Ce sera difficile, pour nous, partout, parce qu’on joue le maintien.

Si la direction du BO a annoncé l’objectif du top six, les joueurs, eux, se veulent plus prudents et avancent avec humilité...

Vous êtes en train de me dire que les objectifs de la direction d’un club sont différents de ceux de l’équipe ? Ça n’appartient qu’à vous de dire ça, sinon, on va encore dire que c’est la faute d’Aldigé. J’ai entendu deux fois le président dire que l’objectif du BO, c’était le top six. A priori, dans un club, le président est le chef. S’il a dit qu’ils jouaient le top six, c’est qu’ils jouent le top six. Biarritz s’est renforcé au niveau de son staff, il faut voir qui est le chef là-dedans. Boris Bouhraoua ou Stéphane Prosper, qui arrive avec son expérience ? On dit toujours qu’il faut trois ans à un manager pour avoir des résultats. C’est normal que le président Arrosteguy, à la troisième année du projet, en demande.

Vous démarrez la saison à Biarritz. Est-ce un clin d'œil de l’histoire ?

C’est sympa, mais après dix ans de présence dans le milieu, il y aura des clins d'œil aux quatre coins de France et de Navarre, qu’ils soient petits, moyens ou gros. Mont-de-Marsan vient de me rejoindre récemment, mais avant ça, j’étais le seul président de club à avoir joué la Nationale, le Pro D2 et le Top 14. Je crois que j’ai fait tous les stades.

Biarritz-Nice, n’est-ce pas un petit peu Biarritz 1 contre Biarritz 2 ?

(Il rigole) C’est l’addition de joueurs, d'expériences, de parcours de dirigeants ou d'entraîneurs. Pour bon nombre, du côté de Nice, ils sont passés un jour ou l’autre par Biarritz. Si vous vous amusez à regarder toutes les oppositions de Pro D2 et de rugby chaque année, avec les joueurs qui changent tous les deux ou trois ans en moyenne, vous pourriez faire la même question pour à peu près tous les matchs… La seule particularité, c’est que vous avez un président qui a officié dans deux clubs différents. Pour les joueurs, sur quinze ans de carrière, ils bougent tous les deux ans, donc ce n’est pas rare d’avoir des anciens un peu partout, à chaque fois.

Cette fois, entre vous, Matthew Clarkin, quelques salariés administratifs passés par Biarritz ou Clément Martinez, Adrien Motoc, Masivesi Dakuwaqa, Tyler Morgan, Francis Saili ou Evan Olmstead, cela ressemble au BO d’il y a peu…

Il faut croire que soit ils adorent la mer Méditerranée, soit ils aiment bien travailler avec nous.

À votre avis ?

Je n’en sais rien, il faudrait leur demander. En effet, il y a beaucoup de membres administratifs qui sont là. Peut-être qu’ils aimaient le projet et la façon de travailler. Pas mal de joueurs nous ont rejoints, ils avaient envie de retravailler avec nous. J’en suis heureux. C’est très bien.

Vous avez recruté, à l’intersaison, Francis Saili. Votre histoire s’était mal terminée à Biarritz. Comment se sont passées les retrouvailles ?

Ce n’est pas que ça s’était mal terminé. J’étais président de Biarritz, je défendais au maximum les intérêts de l’institution. À l’époque, Francis Saili voulait quitter le BO alors qu’il lui restait deux ans de contrat. Il était hors de question qu’il parte gratuitement. Dans le souci de défendre l'institution, j’avais atteint cet objectif. À la fin, il n’était pas du tout parti gratuitement pour le Racing 92, afin de remplacer Virimi Vakatawa. Les intérêts de chaque partie avaient été respectés. Francis était allé chercher un contrat plus intéressant au Racing 92, pour jouer en Top 14. Le BO avait été dédommagé pour la perte d’un centre que nous avons fait découvrir à la France, puisqu’il est arrivé ici à travers notre recrutement. Comme diraient les Anglais, “business is business”. Il n’y avait rien de personnel. On devait juste défendre les intérêts du club. Quand on se recroise quelques années après, c’est facile de s’expliquer.

Comment s’acclimate-t-il ?

Il faut lui demander… Il a un scooter, il faut aller voir son compte Instagram ! Il s’est transformé en influenceur de plus de 34 ans. Il fait des stories tous les jours pour raconter sa vie (rires). Après, ça reste un très bon joueur de rugby.

Francis Saili avec Vannes la saison passée.
Francis Saili avec Vannes la saison passée. Icon Sport

Sur un plan personnel, qu’est-ce qui vous anime avant ces retrouvailles ?

C’est un peu tôt, je l’ai déjà dit, mais sinon, je suis content de rentrer à Biarritz. On peut espérer qu’en ayant une première journée en août, là-bas, il fera beau, mais ce n’est pas gagné.

Ne vaut-il pas mieux se déplacer à Biarritz en août qu’en novembre ?

Si vous avez la chance d’avoir le beau temps, oui, mais ce n’est pas gagné. Après, se déplacer à Biarritz en août, c’est comme aller à Nice : le prix des hôtels est trois fois plus cher, car ils sont bookés par les touristes ! Ce n’est pas une chance économique, ni sportive, face à des gonzes dont le président a dit qu’ils jouaient le top six. J’ai vu leurs matchs amicaux, ils sont bien agressifs en défense. La plupart de l’équipe était là l’année dernière, elle se connaît. Non, ce n’est pas un cadeau !

C’est la deuxième fois que vous revenez à Biarritz. Quel souvenir avez-vous de la première ?

On était venu en décembre. Je me souviens qu’on avait mis en place une stratégie et un remplaçant, dont je ne citerai pas le nom, avait sorti l’équipe de la stratégie en deux minutes. Autour de la 60 ou 70e, on avait perdu le match (16-0, N.D.L.R.). À la mi-temps, il y avait 5-0, la stratégie suivait son cours, mais une initiative personnelle assez égoïste nous avait fait perdre ce match. Je ne crois pas que le match de jeudi ressemblera à celui-là. Ce n’est pas du tout le même contexte, ni la même opposition.

Certains sont contents, pas contents. Il y en a qui me trouvent beau, d’autres moche… C’est la vie, quoi ! On ne fait pas ce métier pour être aimé

Quels liens avez-vous gardés à Biarritz ?

Les souvenirs. C’est une ville où j’ai eu un enfant. On a repris un club en faillite, en 2018, relégué en Fédérale 1. On avait promis de le faire monter en Top 14 en trois ans, c’est ce qu’on a fait avec le barrage d'accession assez atypique contre Bayonne. Je me souviens, aussi, des emmerdes avec la municipalité à partir de 2020. La maîre s’était faite élire sur le dos du Biarritz olympique en promettant un stade. Elle ne l’avait pas fait. Comme quoi, il y a un karma, une justice. Cette municipalité n’est plus là. Je me rappelle que sportivement, nous avons eu des résultats, mais que nous n’avons pas réussi à mettre en place un modèle économique nécessaire à chaque club de rugby, avec un stade pour le développer.

Y a-t-il plus de bons que mauvais souvenirs ?

Dirigeant d’un club, où que vous soyez, c’est 95 % d’emmerdes et 5 % de plaisir.

Même ratio pour Biarritz, alors ?

Je ne sais pas. 90-10 ? Plus c’est long, plus c’est bon !

Quelle image pensez-vous avoir laissée à Biarritz ?

Je ne sais pas. En primaire, quand le maître ou l’instituteur distribuait des bons points ou des images, je n’en avais pas beaucoup. Je n’ai jamais été très fort en image. Des gens m’aiment, d’autres non. Certains sont contents, pas contents. Il y en a qui me trouvent beau, d’autres moche… C’est la vie, quoi ! On ne fait pas ce métier pour être aimé. On fait ça pour essayer d’avoir des résultats et gagner.

À quel point ces années au BO ont-elles été formatrices pour le jeune président que vous étiez ?

Pour le coup, je suis arrivé, j’avais 34 ans. Trois ou quatre mois avant, j’étais encore joueur. En effet, il y a eu une formation intense, accélérée. Une fois que vous avez fait les six ans que j’ai passés à Biarritz, vous pouvez voyager.

Diriez-vous que vous n’êtes plus le même président aujourd’hui ?

En vieillissant, aujourd’hui j’ai 42 ans, j’ai évolué en tant qu’homme. J’ai plus d’expérience.

Êtes-vous plus sage ?

Sur le caractère, je vais rester le même. On m’a prêté l’image de quelqu’un de belliqueux à Biarritz, que je ne pense pas être, mais le contexte local a fait qu’il y a eu beaucoup de polémiques, de guerres. Le contexte du Pays basque, qu’est-ce que c’est ? Vous avez deux clubs sur trois kilomètres. Ensuite, entre Serge Blanco d’un côté, les Galactiques de l’autre, la mairie, les supporters qui veulent que le BO soit à nouveau champion d'Europe, d'autres qui préféreraient que le BO soit juste amateur, ça fait beaucoup de strates dans un même territoire. Tout ceci fait que tout le monde n’est pas toujours d’accord. C’est propice, non pas au conflit, mais au débat.

Jean-Baptiste Aldigé avec Serge Blanco en 2023.
Jean-Baptiste Aldigé avec Serge Blanco en 2023. Icon Sport - Scoop Dyga

En quittant Biarritz, vous êtes peut-être retombé dans une sorte d'anonymat aux yeux du territoire niçois. Cette situation vous convient-elle, ou vous ennuyez-vous parfois ?

Pour le coup, nous sommes très heureux de ça, de ne pas avoir d’opposition avec un club à trois kilomètres. Quand je vais chercher le pain le dimanche matin, je ne me demande pas si le boulanger est bleu ou rouge… C’est déjà chouette. Je partage ça avec Guillaume Rouet, qui est mon voisin. On se le dit à peu près tous les mois. Même lui, qui est basque de chez basque, méfiez-vous qu’il ne devienne pas niçois à vie, qu’il ne s'installe pas ici. Ça fait trois ans que je suis à Nice, en avez-vous vu beaucoup, des débats ou des conflits ?

Récemment oui, avec la mairie de Nice…

Ce n’est pas un conflit. C’est une clarification qui était nécessaire. Vous ne m’avez pas vu prendre la parole pour attaquer, vilipender, pointer du doigt qui que ce soit.

Vous aviez démissionné car, selon les termes du communiqué, les conditions qui avaient motivé vos engagements n’étaient plus réunies pour permettre au club de poursuivre sereinement son développement…

(Il coupe) Les engagements n’étaient pas clarifiés. C’était une clarification. Aujourd’hui, il y a une nouvelle municipalité et on avait besoin de savoir quelles étaient les intentions, les engagements, les capacités de la nouvelle collectivité vis-à-vis du rugby, quel était son projet. N’ayant pas eu le temps, entre mars et juin, de s’asseoir pour en discuter, on a dû un peu provoquer la situation. On a dansé un petit peu afin de se trouver… Comme dirait Urios, danser un slow avec sa sœur, ça ne sert à rien. Pour le coup, la danse qu’on a faite avec la municipalité de Nice n’a pas servi à rien. On peut donc dire que la municipalité de Nice et nous-mêmes ne sommes pas frères et sœurs.

Peut-on parler de coup de poker gagnant, alors ?

Non, encore une fois, ce n’était pas du poker. Le poker, c’est un jeu. Nous, c’était une danse pour savoir quelles étaient les qualités ou les défauts. C’était comme un speed dating.

Notre nouvelle municipalité n’avait pas encore eu le temps de s’asseoir avec nous pour discuter du projet. Ne voyant pas venir les choses, nous avons été obligés de danser, car de l’autre côté, la Ligue Nationale de Rugby et la DNACG nous demandaient des éléments

Cette situation est-elle comparable avec ce qui s’était passé, à Biarritz, avec la mairie pendant des années ?

Non. Pas du tout. À Biarritz, vous avez une ancienne maire qui a fait une campagne entière, en 2020, sur le dos du Biarritz olympique, conseillée par son compagnon dans l’ombre. Ils ont dit qu’ils adoraient le BO, qu’ils l’aimaient plus que tout, qu’une fois élus ils feraient un stade, que ce serait super. Ils se sont servis du Biarritz olympique pour arriver au pouvoir et derrière, aussitôt élus, ils ont tout fait pour le mettre à mal, en difficulté. Je note, d’ailleurs, que depuis qu’il y a une nouvelle mairie à Biarritz, le club a l’air d’être apaisé, il avance avec ce qu’il a. À Nice, ça n’a rien à voir avec ça.

Pourquoi ?

Nous sommes dans la cinquième ville de France, le rugby n’est pas le sujet central comme il peut l’être à Biarritz. Notre nouvelle municipalité n’avait pas encore eu le temps de s’asseoir avec nous pour discuter du projet. Ne voyant pas venir les choses, nous avons été obligés de danser, car de l’autre côté, la Ligue Nationale de Rugby et la DNACG nous demandaient des éléments. Nous n’étions pas à même de les fournir, tant que nous n’avions pas les clarifications. Monsieur Ciotti, lui, n’a jamais menti. Madame Arosteguy avait berné tout le monde et elle l’a payé dans les urnes en étant platement battue par un vrai biarrot, une légende du Biarritz olympique, Serge Blanco.

Après cette "danse", comme vous dites, l’actionnaire a quand même dû poser sur la table des nouveaux millions…

Sur ce point, ça ressemble à Biarritz, car là-bas, nous étions prêts à mettre de l’argent tant que la mairie s'avançait à mettre à disposition du club un stade qui lui permettrait de vivre tout seul. C’était ça le deal. Le jour où on a compris que la maire de Biarritz ne ferait jamais ça, qu’elle rendrait ad vitam æternam le club dépositaire et dépendant du bon vouloir d’un milliardaire, on a décidé qu’il fallait partir, car on n’arriverait pas à faire un modèle économique.

Quels rapports avez-vous, aujourd’hui, avec la mairie de Nice, qui était au sein de vos installations ce mardi après-midi ?

Ce sont des rapports professionnels, normaux… Vous savez, ici, on ne les voit pas tous les jours, car la ville est grande.

Le projet de stade est-il enfin lancé ?

C’est en discussion pour bien évoquer le budget, l’architecture. J’espère que ça avancera de façon très marquée en septembre.

Le stade Marcel-Volot de Nice.
Le stade Marcel-Volot de Nice. Icon Sport - Agence Nice Presse

Pour une livraison espérée quand ?

Normalement, ça met deux à trois ans.

Quid de la capacité du stade ?

Tout se discutera en septembre. Nouvelle municipalité, nouveau projet…

On suppose que, pour vous, l’enjeu sera de boucler ce projet avant les prochaines élections, en 2032…

Ça, oui ! Sept ans de plus, ça m'amènerait à 50 ans ! J’aurais passé de 32 ans à 50 ans à courir après un stade. Demain, si je meurs, sur ma plaque tombale, il y aura écrit “Jean-Baptiste Aldigé - Architecte de stade incompris” (rires).

On devrait avoir la neuvième ou la dixième (masse salariale). Par contre, il y a quelque chose qui s’appelle les avantages en nature. Aujourd’hui, le salaire moyen d’un joueur de Pro D2 doit être autour de 5 ou 6 000 euros brut. À ça, vous rajoutez un logement. Autant vous dire que le T1 à Nevers vaut 300 balles ; le T1 à Nice, c’est 2 000.

Pour les personnes ne connaissant pas bien Nice, à quel point le rugby est-il important - ou pas - chez vous ?

Ce n’est pas qu’il n’est pas important, c’est un sport comme plein d’autres. Ici, l’étendard sportif, c’est l’OGC Nice football. Ce n’est pas différent de plein de villes qui sont en Top 14 aujourd'hui. La seule qui a la passion du sport de rugby avant tout, et une place en Top 14 - je parle, là, des grosses villes françaises - c’est Toulouse. C’est pour qu'on y trouve le meilleur club au monde. À Bordeaux, si demain l’UBB va en Pro D2, ils ne vont pas faire 30 000 personnes par week-end. Bordeaux, à mon époque, il y avait du lundi au vendredi les étudiants de Bayonne, Tyrosse, Agen. C’était une ville de rugby, en particulier au BEC (Bordeaux Etudiants Club). Par contre, le samedi et le dimanche, les mecs rentraient chez eux et il y avait beaucoup moins de monde à la place de la Victoire ou au stade pour regarder les Béglais.

Le public de Nissa Rugby en finale de Pro D2.
Le public de Nissa Rugby en finale de Pro D2. Icon Sport

Vous avez dit, en début d’entretien, que Nice jouera le maintien. Dans vos rêves les plus fous, pensez-vous à une bataille pour le top 6 ?

Non. Il y a quatorze ou quinze clubs qui ont déclaré qu’ils jouaient le top 6. Vous vous rendez compte, il n’y a plus de place pour nous ! Ils ont brisé mon rêve avant même de démarrer...

Vous avez le neuvième budget…

Le budget, ça ne veut rien dire.

Alors la masse salariale ?

On devrait avoir la neuvième ou la dixième. Par contre, il y a quelque chose qui s’appelle les avantages en nature. Aujourd’hui, le salaire moyen d’un joueur de Pro D2 doit être autour de 5 ou 6 000 euros brut. À ça, vous rajoutez un logement. Autant vous dire que le T1 à Nevers vaut 300 balles ; le T1 à Nice, c’est 2 000. Le budget ne veut donc rien dire, car à Nice, avant même d’avoir commencé, on a 80 ou 90 appartements en flotte immobilière si l’on prend les contrats professionnels, les staffs et les espoirs. Ça nous coûte, peut-être, 1,6 ou 2 millions d'euros par an. Si vous comparez le nombre de kilomètres aller-retour qu’il faut pour Nice, pour aller jouer chez les quinze adversaires de Pro D2, on doit être au double d’une équipe comme Colomiers ou Agen, qui sont placés de façon plus centrale dans le pays. Les kilomètres, ça coûte du pognon. Le budget, c’est tout ça…

En ayant la neuvième ou dixième masse salariale, Nice doit tout de même s’éloigner assez vite de la zone rouge, non ?

J’espère, c’est vous qui le dites ! J’ai mon directeur sportif à côté, je lui demande. Ce serait bien qu’on ne descende pas, non ? Oui, on est d’accord… On voudra se donner les moyens, contrairement à il y a deux ans, de pouvoir figurer dans la division et maintenir, stabiliser Nice au niveau professionnel. Ce n’est pas un travail juste cet été. Ce travail a été fait et entamé il y a deux ans lorsque nous sommes arrivés à Nice. 70 % de l’équipe a été constituée pour jouer la Nationale et monter. L’effectif a été complété cette année par d’autres joueurs, afin de nous permettre d’atteindre cet objectif de se maintenir pour stabiliser Nice en Pro D2.