« Quand je suis arrivé ici, il était trop content et moi aussi » : le Monégasque Sadibou Sané se livre sur sa relation avec Eric Dier et ses premiers pas à Monaco avant la réception de Lens
Les joueurs arrivés cet été sur le Rocher n’ont pas été présentés à la presse et aux supporters. Hier, Sadibou Sané se présentait donc pour la première fois en conférence de presse dans l’auditorium de La Turbie. L’occasion d’en savoir un peu plus sur son arrivée à l’AS Monaco, son parcours ou encore sa relation avec son compatriote (et ami d’enfance) Lamine Camara.
Je n’ai pas eu de problème d’intégration, mes coéquipiers m’ont bien accueilli. J’ai retrouvé des gens que j’avais connus, notamment sur les matchs Metz-Monaco la saison passée.
Votre parcours est très proche de celui de Lamine Camara, avec qui vous avez grandi dans le village sénégalais de Diouloulou. Parlez-nous de votre relation…
On a grandi ensemble depuis tout petit au village, nos maisons sont l’une en face de l’autre. Lamine, c’est un frère pour moi. On a joué ensemble au bled, ensuite à Génération Foot, à Metz, à Monaco…
"Lamine (Camara) refusait d’aller faire des études parce qu’il aimait trop le foot"
Chez les jeunes, vous étiez dans la même équipe ou adversaires ?
Il y a certains matchs où on a joué ensemble mais des fois on s’affrontait. Le plus fort des deux ? Quand on était jeune, il était trop fort (sourire). C’est quelqu’un qui est capable de tout. Il a toujours été comme ça, il aime ce métier. Il refusait d’aller faire des études parce qu’il aimait trop le foot et qu’il voulait en vivre depuis tout petit.
Quelle relation avez-vous avec le coach Filipe Luis ?
Ça se passe très bien. Il m’aide beaucoup à progresser, je le sens. Je progresse sur beaucoup d’aspects. Il me parle beaucoup, on partage, j’écoute ses conseils…
Désolé, mais à votre arrivée, on avait en tête vos deux cartons rouges reçus l’an passé avec Metz. Comment vous ont-ils aidé à avancer et progresser ?
Ces cartons, ça peut arriver à n’importe quel moment. On ne le souhaite pas mais c’est le football. On était dans des moments difficiles (avec Metz, dernier de Ligue 1). Ce n’est pas facile de perdre tous les week-ends. Il fallait que je rattrape mes erreurs mais je suis resté serein pour la dernière partie de saison.
"Dos au jeu, ça se voit que Paris Brunner est trop fort !"
Est-ce que votre principal axe de progression réside dans le fait de savoir être patient, sans vouloir toujours gagner le duel directement ?
Peut-être. Ça dépend de l’aspect du match, des duels… Mais je pense que ces cartons m’ont beaucoup fait grandir. C’était difficile. Quand tu gagnes, c’est facile de gérer tes émotions. Ça l’est moins quand tu perds…
Mais je travaille sur ce point, avec mon préparateur mental. Ça m’a beaucoup aidé. J’ai commencé à travailler avec lui après Metz.
Paris Brunner est surprenant en ce début de saison. Quel joueur est-il à l’entraînement ?
C’est un joueur exceptionnel, un jeune qui travaille beaucoup à l’entraînement. Même le coach l’aime beaucoup. En match, il nous aide en gardant le ballon quand on est sous pression, on peut jouer avec lui.
Dos au jeu, ça se voit qu’il est trop fort ! C’est difficile de lui prendre le ballon. Il est en train de se révéler aux yeux de tout le monde.
Vous évoluez avec Eric Dier en défense centrale. Comment vous aide-t-il ?
J’avais connu Eric à Metz avant de venir ici. Après le match retour la saison passée, il est venu dans notre vestiaire et il m’a demandé : « Tu joues comme ça toute la saison ou c’est juste aujourd’hui que tu étais trop fort ? » Je lui ai dit : « Moi, je suis toujours comme ça. Même si je jouais avec une équipe de R1, je respecte l’adversaire ! » (sourire).
On a échangé notre maillot et il m’a dit de continuer comme ça, que je pourrais devenir un très grand défenseur si j’acceptais de travailler.
"Etre appelé en sélection ? C’est un rêve, j’aimerais que ça devienne la réalité"
Et ensuite vous êtes arrivé à Monaco…
Quand je suis arrivé ici, il était trop content et moi aussi. C’est un grand plaisir de jouer avec lui. Il va m’aider à communiquer sur le terrain. Il est humble, tout le temps souriant avec moi.
Lors du match de la saison passée, votre ex-coéquipier Benjamin Stambouli avait fait le lien entre Eric et vous. Mais lui n’a pas pu avoir le maillot d’Eric, comme c’est vous qui l’avez eu… (sourire)
Ah, Benjamin ! (sourire) Lui aussi, c’est un exemple. C’est vrai que c’est lui qui m’a permis de parler avec Eric, mais à la base il voulait récupérer son maillot. Je lui ai dit : « Ben, c’est la première fois que je le rencontre. Toi il peut t’envoyer un maillot à tout moment ! (rire) Il faut me laisser celui-là ! » Il a été d’accord (sourire). (sourire).
Patrick Vieira vient d’être nommé sélectionneur du Sénégal. Vous attendez-vous à être appelé ?
La liste n’est pas encore sortie, je n’ai eu personne pour le moment. J’entends comme vous les nouvelles. Ça me ferait un grand plaisir de porter le maillot du Sénégal, de défendre les couleurs de mon pays. C’est un rêve, j’aimerais que ça devienne la réalité. S’ils m’appellent avant le match (face à Lens), ce sera top pour la confiance ! Si Lamine va parler de moi ? Avec l’ancien staff, il aurait pu parler mais là il ne connaît pas encore Patrick Vieira (sourire).