Quels sont ces signes à suivre à la lettre, que la plus grande bibliothèque de Nice envoie à travers une exposition ?
Palimpseste sous la Tête carrée ! La principale bibliothèque de Nice, Louis-Nucéra, surplombant la promenade du Paillon, propose jusqu’à la fin de ce mois, son abécédaire à travers une exposition, laquelle, franchement, élève le débat culturel.
Déjà le nom. Palimpseste. On n’emploie pas tous les jours ce mot décrypté par Pascal Albertini, co-commissaire de l’exposition avec Isabelle Dimondo et Carmen Hutchings : « Un palimpseste c’est lorsque vous prenez un texte déjà écrit et que vous l’effacez pour en réécrire un autre par-dessus. »
Ce mot prend tout son sens dans cette odyssée lettrée : « La bibliothèque existait, mais on l’a recréée, repensée, rénovée, rouverte en février après travaux pour écrire un nouveau chapitre de son histoire. » Une façon intelligente d’inscrire ce temple du savoir dans la ville en faisant « le lien entre hier, aujourd’hui et demain ».
Une lettre, des mots, une émotion
Cinquante-deux créateurs participent à l’abécédaire : 26 plasticiens et 26 auteurs, d’ici ou d’ailleurs. À eux d’interpréter un imaginaire tout neuf pour parler du livre, de la lecture, de la bibliothèque, avec seulement une lettre de l’alphabet accompagnée d’un « nuage de mots ».
Exemple : la lettre B comme bibliothèque. L’éditorialiste-écrivain Franz-Olivier Giesbert a vanté les mérites utiles de cette lettre, éternelle deuxième. De son côté, Alexandre Chemetoff, architecte de la bibliothèque et paysagiste de la coulée verte saison 2, a livré une aquarelle représentant l’édifice abritant « une forêt de mots endormis que la lecture réveille… »
D’autres comme Patrick Moya, Virginie Broquet, Sylvie T, Coun, Claude Garrandès, Jean Mas, Cat Caroff, Bernard Deloupy, Didier van Cauwelaert, Olivier Poivre d’Arvor, Franck Lalou… ont laissé leur inventivité, leur sensibilité, s’évader en aquarelles, peintures acryliques sur papier, encres de Chine, récits… Chacun compose son abécédaire intime selon son vécu, ses centres d’intérêt, ses interrogations. Même les grands disparus comme Sosno, Arman… sont présents grâce à l’implication de leurs proches qui ont réalisé un croquis à partir de documents, fourni des créations qui matchent avec le thème de ce délicieux délire en lettres d’or.
Grâce à ce Palimpseste, on n’a jamais autant aimé réciter l’alphabet de A jusqu’à Z !
Sébastien Botella / Nice-Matin
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Palimpseste, l’abécédaire d’une bibliothèque, exposition jusqu’au 31 juillet à la bibliothèque Louis-Nucéra, 1 traverse Barla, du mardi au samedi, de 10 à 17 heures. Gratuit.