Edwy Plenel, Raphaël Glucksmann et Salomé Saqué répondent à une « fake news » les impliquant sur Léa Salamé

Edwy Plenel, Raphaël Glucksmann et Salomé Saqué répondent à une « fake news » les impliquant sur Léa Salamé

Le probable candidat à la présidentielle et les deux journalistes ont démenti une vidéo affirmant que la présentatrice du JT de France 2 voulait soudoyer des médias pour soutenir son compagnon.

Glucksmann, Edwy Plenel et Salomé Saqué dénoncent une « fake news » les impliquant sur Léa Salamé. (photo d’illustration)

JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Glucksmann, Edwy Plenel et Salomé Saqué dénoncent une « fake news » les impliquant sur Léa Salamé. (photo d’illustration)

Un incident lourd de sens à quelques mois de la présidentielle. Une vidéo diffusée sur la plateforme X relate de fausses informations, assurant que Léa Salamé serait « accusée de corruption de médias » (sic) en vue d’« améliorer l’image » de son compagnon Raphaël Glucksmann. Le probable candidat à la présidentielle a dénoncé « une opération de déstabilisation » dans un message publié ce samedi 1er août sur les réseaux sociaux.

La fake news a également été démentie par les journalistes Edwy Plenel et Salomé Saqué, dont les images et les voix étaient utilisées pour crédibiliser la vidéo. Cette dernière, qui dure un peu moins de deux minutes, singe les codes de l’enquête journalistique et imite la mise en forme des contenus du média Blast, allant jusqu’à insérer l’appel aux dons réellement utilisé à la fin de leurs vidéos.

Dans le clip mensonger, une voix robotique assure que « plusieurs rédactions ont porté des accusations contre […] Léa Salamé », affirmant que la présentatrice du Journal de 20 heures de France 2 a « tenté de soudoyer des médias en l’échange de la publication d’articles visant à donner une image positive de son mari et à promouvoir son programme électoral ».

La fausse enquête évoque un soi-disant mail qu’aurait adressé la présentatrice à des rédacteurs en chef pour leur proposer jusqu’à 50 000 euros afin qu’ils acceptent de mettre en avant Raphaël Glucksmann. Elle mobilise également un faux témoignage audio d’Edwy Plenel, affirmant qu’il a reçu le fameux mail et où le journaliste de Mediapart charge Léa Salamé.

« La présidentielle sera marquée par les ingérences et les fakes »

« Tout est faux et ne repose sur rien, évidemment, mais le but est de créer un doute », c’est offusqué le patron de Place publique Raphaël Glucksmann dans un message sur X où il parle d’« une opération de déstabilisation ». « Et ce n’est qu’un début, poursuit le possible candidat de centre gauche pour 2027, la présidentielle sera marquée par les ingérences et les fakes. »

De son côté, Edwy Plenel a dénoncé « une fake news avec un article bidon [le] citant ». Le soi-disant mail de Léa Salamé est « inventé », déclare le journaliste de Mediapart qui précise ne « jamais » l’avoir « reçu ». C’est « un exemple des opérations de déstabilisation numérique », conclut le fondateur du site d’investigation.

La journaliste Salomé Saqué, qui apparaît à la fin de la vidéo trafiquée, est également montée au créneau pour alerter sur cette « déstabilisation pour 2027 » et l’utilisation de son image pour « produire de la désinformation ». « Tout ce qui y est dit est faux », insiste l’autrice de Résister dans une publication Instagram consultable ci-dessous. Selon elle, la vidéo « s’inscrit dans un cadre plus large d’ingérences et de déstabilisations » et aurait « déjà fait plus de 100 000 vues ».

Une stratégie de désinformation russe ?

En consultant le profil de plusieurs comptes ayant partagé cette enquête mensongère, Le HuffPost a constaté que plusieurs produisaient ou repartageaient (entre autres) des contenus complotistes ou pro-russes. Ils s’offusquent par exemple de l’arrêté d’expulsion visant la journaliste Xenia Federova, épinglée par les autorités françaises, qui l’accusent d’être une « propagandiste » du Kremlin. Les « fortes positions pro-Kremlin » des comptes ou leur soutien affiché à Donald Trump ont aussi été repérés par Salomé Saqué, qui écrit sur Instagram ne pas en savoir « plus » à ce stade.

Le fait de singer un média reconnu comme « sérieux » est en tout cas un classique des méthodes de désinformation et d’ingérences étrangères. Début décembre, c’est une fausse version du site d’extrême droite Frdesouche qui avait été dénoncée par plusieurs journalistes et par le média de fact-checking Les Surligneurs.

Des articles faussement attribués à des journalistes du Monde, du Figaro ou de 20 Minutes y affirmaient qu’Emmanuel Macron aurait un QI si bas qu’il serait « surpassé de six points » par « le célèbre gorille Koko ». Le rédacteur au Figaro Adrien Bez – dont la signature avait été usurpée dans cette affaire – et Les Surligneurs avaient à l’époque attribué cette tentative de désinformation à la Russie. Selon eux, la technique consistant à produire une « copie trompeuse » d’un média préexistant est « typique des modes opératoires informationnels russes ».