REPORTAGE. "Nous faisons office de fourrière d'animaux exotiques" : cette clinique accueille le boa retrouvé sous le capot près de Toulouse
l'essentiel REPORTAGE. Pensant réaliser un simple contrôle mécanique, un habitant de Colomiers est tombé nez à nez avec un boa, mardi 18 août. Soigné à la clinique de la faune sauvage de l'École vétérinaire de Toulouse, le serpent met en évidence les contraintes sanitaires et financières posées par les nouveaux animaux de compagnie (NAC) recueillis. Car la prise en charge des NAC exotiques non identifiés constitue un détournement de leur mission initiale, dédiée à la faune sauvage autochtone. Découvrez l'École nationale vétérinaire de Toulouse pour mieux comprendre l'impact sanitaire et financier du recueil de ces reptiles abandonnés. On vous y emmène.
Ce intérieur carrelé pourrait être celui de n'importe quelle clinique vétérinaire, pourtant dans ce bâtiment de l'École nationale vétérinaire de Toulouse, ils ne soignent aucun chien ou chat. Ce sont tous des animaux qui composent la faune sauvage qui sont dans ces boîtes.
Parmi eux, le boa retrouvé le mardi 18 août dans le capot d'une voiture à Colomiers, par un habitant qui voulait faire de la mécanique. L'animal qui devait jusqu'ici vivre dans un vivarium s'y était réfugié au chaud.
Un reptile inoffensif habitué à l'homme
Au fond de la section reptile, il reste immobile et se laisse facilement approcher par le Dr Faulmann, vétérinaire clinicien dans la division faune sauvage de l'établissement.
Sur sa cage, il est écrit "Anaconda", son nom pour le long de son séjour dans la clinique. Si le reptile a fait une frayeur au Columérin, il est en réalité plutôt inoffensif. "Vous allez voir, il n'est pas du tout agressif." Le serpent siffle, et un voile bleu recouvre ses yeux. "C'est un signe qu'il va bientôt faire sa mue."
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La bête d'un peu plus d'un mètre de long n'est pas dangereuse. Les serpents qui peuvent être détenus par les gens sont souvent inoffensifs. "Il y a extrêmement peu d'accidents à la différence des chiens et chats", explique le vétérinaire. "Contrairement au cobra qui a été trouvé il y a quelques mois, là ce n'est pas du tout la même affaire."
Un animal non pucé illégal
Depuis son arrivée, aucun propriétaire ne s'est manifesté. L'équipe n'a aucun moyen de le retrouver car l'animal n'est pas pucé. "Si la réglementation avait été respectée, nous aurions dû pouvoir le ramener chez lui", constate le praticien. "Nous avons réalisé une radio complète pour nous assurer qu'il n'était pas tracé." Le propriétaire était donc dans l'illégalité.
"Nous faisons office de fourrière d'animaux exotiques"
Dans cette clinique, on amène essentiellement des espèces de la faune sauvage endémique de la zone, mais aussi des serpents plus exotiques comme des pythons ou des boas. Pourtant, ces espèces ne devraient pas être prises en charge par son service. "Ici, c'est un centre de soin pour la faune sauvage autochtone française, et c'est la seule chose que nous devrions prendre en charge."
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Un besoin de ressources
Autour du serpent, des tortues tout aussi peu autochtones grattent sur le plexiglas dans l'attente d'être soignées. "En moyenne, les espèces exotiques comme ce boa restent six mois dans nos locaux. Nous faisons office de fourrière d'animaux exotiques, mais ce n'est pas notre vocation."
L'ajout de ces espèces impose de nouvelles contraintes sanitaires, alors que l'organisme a accueilli 3 600 animaux en 2025. "Au niveau des ressources, nous avons toujours besoin de dons."
Le professionnel de santé animale regrette de ne pas pouvoir les accueillir dans de meilleures conditions. Il ajoute : "Notre travail maintenant, c'est de garder ce pour qu'il soit en bonne santé et qu'il ne subisse pas de stress", explique le docteur. "Après cela, nous l'accompagnerons dans une structure adaptée."