Risque d’incendie : comment la fermeture de six espaces boisés est-elle accueillie à Antibes ?

Risque d’incendie : comment la fermeture de six espaces boisés est-elle accueillie à Antibes ?

Le bois du Fort Carré, le bois de la Garoupe, le parc des Semboules (hors aires de jeux), le domaine de Pimeau, le parc Albany à Juan-les-Pins, ainsi que les jardins de la Villa Eilenroc, ont tous fermé leurs portes jusqu’à la rentrée.

Face à cette mesure drastique, la majorité des promeneurs oscille entre résignation et soutien affirmé. Pour une habitante croisée sur place, la décision est inévitable face aux comportements irresponsables.

« Nous comprenons totalement » accepte un couple venu d’Aix-en-Provence, où les départs de feu sont très fréquents : « À cause de fumeurs inciviques qui jettent leurs mégots n’importe où, il faut en arriver là. C’est une minorité, mais le geste d’un seul individu peut avoir des conséquences dramatiques. »

Huit massifs forestiers seront totalement fermés au public et aux professionnels ce jeudi 6 août dans le Var.

Le risque est d’autant plus vif que la situation nationale reste critique : cet été, près de 115 000 hectares sont déjà partis en fumée en France, et 27 départs de feux de forêt ont été recensés dans le seul département des Alpes-Maritimes.

« Où sont les gardes forestiers ? »

Pour d’autres riverains, l’agacement prédomine face au manque de sanctions. « Où sont les gardes forestiers ? », s’interroge un Antibois remonté.

Tout en approuvant la fermeture, il réclame des contrôles renforcés et des peines plus lourdes contre les imprudents : « Les autorités ont retrouvé des restes de barbecue ici même, au bois de la Garoupe. Il faudrait installer des caméras ! »

Sur son site, la mairie se veut rassurante et rappelle que les 600 hectares de forêts de la commune font l’objet d’une surveillance continue grâce à la mobilisation des réservistes du Comité communal des feux de forêts (CCFF).

Signalisation : un manque de cohérence sur le terrain

Sur le terrain, la mise en application se heurte toutefois à quelques failles. Sur certains itinéraires, il n’est pas rare de croiser des randonneurs ignorant totalement la restriction.

Si le chemin du Calvaire est parfaitement bloqué par une barrière et un ruban de signalisation, l’accès opposé, situé chemin de l’Hermitage, est quant à lui resté grand ouvert.

De quoi semer la confusion chez les visiteurs : « La barrière était ouverte, nous ne pouvions absolument pas savoir que l’accès était interdit », glisse, surpris, un touriste parisien.

Un peu plus loin, au pied des grilles verrouillées de la Villa Eilenroc, un groupe de touristes japonais doit, lui aussi, revoir son itinéraire au dernier moment. Sans perdre le sourire, ils gardent le moral : « Ce n’est pas grave, nous irons nous baigner dans la baie des Milliardaires ! ».