Sécurité européenne, Canada, réseaux sociaux... Ce qu'il faut retenir du discours sur l'état de l'Union d'Ursula von der Leyen
Publié aujourd'hui à 13h21
Lire dans l'appBFMJuliette Brossault avec AFP
Lors de son discours de rentrée ce mercredi 16 septembre, la cheffe de l'Union européenne a appelé à créer un "Conseil européen de sécurité", à réduire la course à l'IA et le déficit avec la Chine ou encore à interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans ou encore à mettre en place un "plan européen de lutte contre les vagues de chaleur".
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fixé ce mercredi 16 septembre ses priorités politiques. Devant le Parlement européen à Strasbourg, la cheffe de l'Union européenne a prononcé son discours sur l'état de l'Union. Voici ce qu'il faut en retenir.
• La création d'un "Conseil européen de sécurité"
La présidente de la Commission européenne a suggéré la création d'un Conseil européen de sécurité, associant l'UE, le Canada la Norvège et le Royaume-Uni. "L'urgence est encore plus grande aujourd'hui, au vu de la nature et de l'ampleur des risques en jeu. C'est pourquoi nous exposons nos idées pour qu'un Conseil européen de sécurité devienne réalité", a déclaré Ursula von der Leyen.
Afin que l'UE soit plus réactive en cas de crise, elle a également proposé la création d'un "protocole de sécurité d'urgence", similaire à l'article 4 du traité de l'Otan, qui prévoit des réunions de crise entre les membres de l'Alliance. "En cas de déclenchement par un État membre, tous les États membres se réuniraient, afin de correspondre à une réponse européenne, d'empêcher toute nouvelle escalade et d'atténuer les conséquences", a-t-elle expliqué.
La cheffe de l'exécutif européen a dans le même temps promis de soutenir l'Ukraine "plus que jamais dans cet hiver de guerre qui sera le pire d'entre tous", et a appelé à "lutter" contre les "ultranationalistes" et "antieuropéens".
"Qu'il s'agisse d'ultranationalistes ou d'antieuropéens, d'ingérences russes ou de désinformation, les noms changent, mais l'objectif est le même. Ils méprisent nos valeurs et veulent briser l'unité européenne. Alors luttons contre cela, mais luttons aussi ensemble pour notre idée de l'Europe", a lancé la dirigeante allemande.
• Faire du Canada le "premier membre associé" de l'UE
Devant le Premier ministre canadien Mark Carney, longuement applaudi par les eurodéputés, Ursula von der Leyen a proposé de faire du Canada le premier pays membre associé de l'UE, un statut qui n'est pas prévu par les traités.
"Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible" a-t-elle déclaré à Mark Carney, premier chef de gouvernement étranger à assister à ce discours sur l'état de l'Union. "Il est "urgent de réinventer nos partenariats".
"Nous voyons le monde avec les mêmes yeux: de l'IA au changement climatique, de l'Arctique à la géopolitique", a souligné la présidente de la Commission européenne appelant Ottawa et Bruxelles à "bâtir" un "avenir commun".
• Un "plan européen de lutte contre les vagues de chaleur"
Ursula von der Leyen a aussi promis de "présenter prochainement un plan européen de lutte contre les vagues de chaleur", après les canicules records de l'été.
"L'été que nous venons de vivre ne peut se reproduire", a-t-elle souligné déplorant les "plus de 35.000 décès supplémentaires" liés à ces épisodes de fortes chaleurs dans l'UE. "Nous avons besoin de systèmes d'alerte précoce plus efficaces et d'une meilleure préparation sanitaire. Nous avons besoin d'adaptation et de refroidissement au niveau des zones urbaines. Et nous devons soutenir les plus vulnérables", a poursuivi la cheffe de l'exécutif européen, sans détailler de calendrier pour ce plan.

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Plus largement, "l'Europe peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques", a-t-elle insisté. Avec la loi sur la "résilience climatique" que la Commission européenne doit proposer à la fin du mois d'octobre" "nous identifierons 100 des territoires les plus vulnérables. Et nous évaluerons les risques, ainsi que le niveau auquel ils doivent être gérés", a-t-elle avancé.
Elle a également mentionné, sans entrer dans le détail, "une nouvelle initiative européenne pour l'eau", afin de lutter contre les pénuries. Et elle entend agir pour renforcer les assurances face aux catastrophes naturelles.
• Une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans
Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi des propositions très attendues pour protéger les enfants et adolescents en ligne en Europe: une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans et des "mini-comptes" aux fonctions limitées pour les moins de 15 ans. "Pas de réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans" et "pas de compte personnel avant 15 ans", a déclaré la présidente de la Commission.
"Ainsi, les enfants entre 13 et 15 ans ne disposeront que de mini-comptes, installés et surveillés par leurs parents, avec des fonctionnalités restreintes et une durée d'utilisation limitée. Et pour les 15-18 ans, les plateformes seront tenues d'adopter une conception sécurisée", a-t-elle ajouté.
Ces mesures, qui nécessiteront l'accord des eurodéputés et des 27 pays de l'UE, seront détaillées jeudi dans un projet de loi européen, "l'EU Kids Act".
• Réduire la course à l'IA
L'Union européenne va réunir des grands acteurs de l'intelligence artificielle, afin de soutenir les efforts du secteur visant à ralentir le développement des modèles d'IA les plus risqués, a annoncé Ursula von der Leyen.
"J'inviterai les principaux laboratoires d'avant-garde à discuter du soutien à apporter aux efforts actuels de l'industrie pour ralentir la course", a-t-elle expliqué, promettant aussi de travailler en commun avec des pays partageant la même approche, "comme le Canada et le Royaume-Uni".
La dirigeante a mis en avant, côté européen, la loi sur l'intelligence artificielle (l'AI Act) qui donne à Bruxelles des pouvoirs pour tenter de réguler le secteur. "La loi sur l'IA est bien sûr une pièce maîtresse des garde-fous que nous voulons mettre en place. Et, grâce à elle, l'Europe est à même de façonner les efforts à mener à l'échelle mondiale", a-t-elle fait valoir.
• Réduire le déficit commercial avec la Chine
L'Union européenne, qui cherche à réduire son déficit commercial colossal vis-à-vis de la Chine, imputée aux pratiques déloyales de Pékin, utilisera "tous les outils" à sa disposition pour y parvenir, a prévenu Ursula von der Leyen. "Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux", a-t-elle lancé soulignant que le "déficit commercial avec la Chine s'élève aujourd'hui à 1 milliard d'euros par jour".
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"Il a atteint un point de bascule", a constaté la cheffe de l'exécutif européen, ajoutant que ce "choc chinois" entraîne "la désindustrialisation dans les bassins industriels de l'Europe. "Cela n'est pas durable" et le dialogue avec Pékin entamé par Bruxelles doit produire "des résultats", a-t-elle insisté.
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