Si différent de Rudi Garcia ? Voilà à quoi doivent s'attendre les Diables avec Mark van Bommel
Mark van Bommel est le grand favori à la succession de Rudi Garcia. Ses premières expériences sur un banc de touche laissent le souvenir d'un entraîneur qui sait où il va et qui attend tout simplement des autres qu'ils empruntent la même route.
Des Diables Rouges à la sauce hollandaise : plus les heures passent, plus la nomination de Mark van Bommel sur le banc belge se précise. Voir l'ancien entraîneur à succès de l'Antwerp prendre les rênes de la sélection donnerait à coup sûr quelques perspectives à certains Diables ou candidats à l'être que Van Bommel a déjà eu sous ses ordres. On pense notamment à Mandela Keita et Arthur Vermeeren. Mais pas uniquement.
Et plus globalement, que peut-on attendre d'une équipe belge drivée par l'ancien milieu de terrain du Bayern Munich sur la route de l'Euro 2028 ? Ses expériences à l'Antwerp, à Wolfsburg et au PSV peuvent en laisser entrevoir une esquisse. Être à la tête d'une sélection est bien sûr très différent du football de club, mais les réponses apportées par Van Bommel à certaines situations semblent pouvoir nous aider à cerner les prochaines lignes directrices à l'oeuvre dans le camp belge.
Des compétences tactiques et dans le management
Mark van Bommel a toujours confirmé qu'il voulait voir ses équipes à l'image du joueur qu'il était : avec la volonté de récupérer le ballon rapidement pour se projeter vers l'avant. Son Antwerp n'était pas forcément spectaculaire, mais très juste dans son football, en s'adaptant facilement au contexte d'un match. Que ce soit en ressortant proprement grâce à Arthur Vermeeren, pour finir par isoler un ailier. Ou en misant sur les longues transversales de Toby Alderweireld après avoir fait le dos rond. Ou en enclenchant le contre-pressing plus haut sur le terrain grâce aux qualités physiques de Mandela Keita.
"Nous connaissions le plan de jeu à adopter dans chaque situation. Mark est toujours positif et très réaliste. Dès la première seconde, il nous a donné un sentiment incroyable. Si vous recherchez la combinaison parfaite entre tactique et management d'équipe, il est au sommet", explique d'ailleurs Toby Alderweireld sur Sporza.
Avec Van Bommel, les Anversois savaient ce qu'ils avaient à faire. De quoi dégager une certaine sérénité dans l'équipe. Quand le Great Old a décroché sa qualification pour la Ligue des Champions en allant s'imposer 1-2 dans l'enfer de l'AEK Athènes, l'entraîneur n'a pas dévié de son plan. Malgré la tentation d'aligner un joueur plus expérimenté comme Alhassan Yusuf, il avait aligné un milieu de terrain très jeune avec Vermeeren (18 ans) et Keita (21 ans).
"Nous sommes imperturbables. Peu importe où nous jouons, contre qui ou dans quelles circonstances. Nous restons toujours fidèles à notre plan. Nous ne baissons jamais les bras et nous jouons toujours à fond. C'est pourquoi nous défendons si bien", avait-il déclaré ce soir-là.
Pour avoir été à leur place, Van Bommel sait ce qui peut passer par la tête d'un joueur : "En tant qu'entraîneur, on cherche d'abord à inculquer une philosophie de jeu, et ensuite, c'est agréable de parler de sa propre expérience. Par exemple, j'étais incroyablement nerveux avant mon premier match de Ligue des Champions. J'ai joué sous pression. Je courais sans cesse et, au bout de quinze minutes, j'étais déjà épuisé. Ce que je veux dire, c'est que mes joueurs sentent que j'étais à leur place. Et que, d'une certaine manière, je suis nerveux comme eux".
Moi, maniaque ?
Un autre trait distinctif qui semble coller à la peau de l'ancien international néerlandais depuis ses débuts comme entraîneur est son besoin de tout contrôler. "Parfois, je dis à Mark qu’il est un coach italien. Tout doit toujours être bien en place, il est très concentré là-dessus" avait même rigolé Mark Overmars dans Het Laatste Nieuws.
Notre probable futur sélectionneur est-il un control freak ? Il nuance : "Je suis simplement un entraîneur qui souhaite que tout soit bien organisé. Je pose des questions aux membres du club et j'espère qu'ils me répondent de manière argumentée. Est-ce que cela fait de moi un maniaque du contrôle ? Je ne le vois pas ainsi. J'appelle cela une culture sportive de haut niveau. Je veux donner le meilleur de moi-même chaque jour et m'assurer que les joueurs puissent en faire autant".
Ce qui est certain, c'est que quand Van Bommel a une idée, il s'y tient. Au Bosuil, beaucoup ont été étonnés de voir des garçons aussi influents et charismatiques que Radja Nainggolan ou Michael Frey être écartés comme ils l'ont été. Et pourtant. Tous deux cantonnés au statut de réservistes après une première saison pourtant réussie (et même riche de 24 buts pour le Suisse), ils sont partis lors du mercato d'hiver de la première saison de l'ère Van Bommel.
Cette propension à garder le cap fixé s'est également manifestée après son départ de l'Antwerp. Depuis, il n'a toujours pas retrouvé de club. En deux ans. Des propositions, il y a en a pourtant bien eu après son travail en Belgique. Mais Van Bommel les a déclinées une à une. Pour attendre le bon projet d'abord. Pour rester au chevet de son fils ensuite. Alors que sa carrière semblait être appelée à décoller au PSV, Ruben Van Bommel a souffert d'une grave blessure au genou, qui l'a laissé sur la touche pratiquement l'entièreté de la saison dernière. Son champion de père a tenu à être à ses côtés tout au long de cette fameuse épreuve.
C'est tout cela que les Diables Rouges s'apprêtent à accueillir en leur sein. Une personnalité entière, qui ne dévie pas de sa trajectoire. Et qui place ses joueurs dans un carcan clair. Parce qu'adaptation n'est pas forcément synonyme de compromis.