Suicides et tentatives au sein des services du Premier ministre : le cabinet de Matignon livre sa version et rejette les accusations de "management toxique"
l'essentiel Visés par un signalement pour harcèlement après des suicides et tentatives à Matignon, les services du Premier ministre livrent leur version et contestent tout lien direct. L'administration rejette les accusations de management toxique, suscitant l'indignation de la défense des victimes.
Quelques heures après les révélations sur la vague de drames humains secouant les services de l'hôtel Matignon, l'administration a rompu le silence. Face au signalement transmis à la procureure de Paris pour harcèlement moral et mise en danger d'autrui, les services du Premier ministre (SPM) mettent en avant "des faits sensiblement différents" et livrent leur propre version sur les circonstances de ces tragédies.
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Alors que deux suicides sont survenus en mars dernier parmi les quelque 4 000 agents de la rue de Varenne, l'administration nuance tout lien avec le milieu professionnel. Selon les services du Premier ministre, qui ont réagi auprès de nos confrères de France Inter, le premier drame concerne "un agent en congé maladie depuis plusieurs mois", tandis que le second touche un fonctionnaire "en télétravail au moment des faits". Des enquêtes administratives ont été ouvertes pour déterminer si le travail a pu jouer un rôle, mais les services réfutent pour l'heure toute responsabilité directe.
Concernant la mort suspecte d'un agent retrouvé dans les toilettes en juin, les SPM affirment qu'il s'agit d'une "mort naturelle". Quant à la première tentative de suicide recensée, qui remonte à septembre 2025, des investigations internes ont conclu à un acte "non imputable au service".
Une cadre mise en cause pour des violences managériales
Le point le plus controversé concerne la seconde tentative de suicide, survenue récemment au service de la correspondance du Premier ministre Sébastien Lecornu. Alors que le représentant du personnel à l'origine de la plainte dénonçait un management toxique ayant poussé la fonctionnaire au geste ultime, l'administration soutient une toute autre thèse. Selon les services du Premier ministre, cette agente aurait au contraire tenté de se donner la mort après avoir été "mise à pied et mise en cause pour harcèlement sur ses équipes".
Une position vivement contestée par Christelle Mazza, l'avocate du représentant du personnel et de la plaignante. Dénonçant "un déni inacceptable", le conseil estime que l'attitude des services du Premier ministre "caractérise une méconnaissance au plus haut niveau des conséquences sur la personne de l'organisation du travail" et met en lumière une "gestion politique et pyramidale des services administratifs de l'État".
Lancement d'un audit externe
Afin de faire la lumière sur la dégradation du climat de travail dans une administration déstabilisée par les successions de gouvernements, un audit global va être mené. Confiée à un cabinet extérieur, cette expertise examinera l'ensemble des entités rattachées à Matignon pour évaluer l'organisation des services et la santé mentale des personnels.