Technique, mental, réalisme... Pourquoi Tim Merlier est le meilleur sprinteur sur le Tour de France

Technique, mental, réalisme... Pourquoi Tim Merlier est le meilleur sprinteur sur le Tour de France

Le Belge de Soudal Quick-Step a réglé ses concurrents et décroché sa deuxième victoire de rang à Bergerac, samedi.

Article rédigé par Maÿlice Lavorel - envoyée spéciale à Bergerac

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 11/07/2026 19:16

Temps de lecture : 4min

La célébration de Tim Merlier à l'arrivée de la huitième étape du Tour de France à Bergerac, le 11 juillet 2026. (LOIC VENANCE / AFP)
La célébration de Tim Merlier à l'arrivée de la huitième étape du Tour de France à Bergerac, le 11 juillet 2026. (LOIC VENANCE / AFP)

Cela ne pouvait être que lui. Tim Merlier (Soudal-Quick Step) s'est adjugé la 8e étape du Tour de France, samedi 11 juillet, entre Périgueux et Bergerac, en réglant le sprint final dans les rues de la cité dordognaise. Revenu de loin, le coureur belge a dominé à la pédale tous ses concurrents dans l'exercice, pour terminer devant Biniam Girmay (NSN) et Olav Kooij (Decathlon-CMA-CGM).

Tim Merlier frappe ainsi un grand coup, au lendemain de son premier succès sur cette édition 2026 sur les quais de Bordeaux, et enchaîne deux victoires de prestige. De quoi affirmer son statut de meilleur sprinteur sur ce Tour de France, et peut-être au monde actuellement. "C'est l'un des plus rapides, oui", a concédé avec le sourire le directeur sportif de la formation, Tom Steels, après la victoire de son protégé.

Cette expertise, le natif de Courtrai la doit avant tout à sa technique, qui allie puissance et explosivité. "S'il trouve son espace, et qu'il peut lancer son sprint, je pense qu'il n'y a pas grand-chose à faire", a résumé son coéquipier Ilan Van Wilder, déjà perché sur son home-trainer au bus de son équipe à l'arrivée.

Car Merlier n'a pas besoin de beaucoup pour lancer son effort, et sait tirer parti de la vitesse du groupe autour de lui, comme a détaillé Tom Steels après l'arrivée : "Tim est quelqu'un qui peut être un peu derrière dans le sprint, mais c'est comme s'il utilisait le groupe devant pour prendre de la force et de la vitesse. Une fois qu'il est à pleine vitesse, il est lancé. Une fois qu'il a lancé son sprint, il ne s'arrête plus."

Dans cette idée, son sprint à Bergerac samedi est presque un modèle du genre, malgré une frayeur dans le dernier virage où il a failli partir au sol et où il a perdu des positions. Mais, revenu de derrière, il s'est propulsé presque tout seul vers l'avant du groupe pour couper la ligne d'arrivée en tête. "Je suis arrivé dans le sillage avec tellement de vitesse, tellement de cadences, je me suis dit d'essayer de les passer et de garder cette vitesse jusqu'au finish. Dans les 50 derniers mètres, je ne pouvais plus pousser", a-t-il rembobiné en conférence de presse.

Quand je le vois sprinter je me demande toujours : 'Putain mais comment il fait ça ?'. Ce n'est pas comme s'il se battait avec son vélo, il y va de façon coulée et il utilise le momentum de vitesse, c'est incroyable. Ceux devant vont déjà très vite, mais lui va encore cinq ou six km/h plus vite, et il peut tenir cette vitesse.

Tom Steels, directeur sportif chez Soudal-Quick Step

à franceinfo: sport

Ces qualités sont d'autant plus visibles sur ce Tour de France qu'il doit composer sans son train habituel et son poisson-pilote Bert Van Lerberghe, qui a abandonné lors de la grosse étape pyrénéenne entre Pau et Gavarnie-Gèdre. Samedi, il a ainsi été amené par Jasper Stuyven, mué en lanceur de luxe pour son sprinteur pour "la troisième fois seulement", a relevé le vainqueur du jour, avant d'ajouter : "Mais il le fait si bien que c'est facile de faire avec lui." Pour Stuven, justement, "c'était un final effréné, on a fait du mieux pour lui éviter les ennuis jusque-là."

Le coup dur de perdre son poisson-pilote et très bon ami aurait pu perturber le héros du jour, mais il souligne finalement l'un de ses autres grands atouts : son mental. Le Belge se révèle à l'approche des lignes d'arrivée à pleine vitesse, comme il l'expliquait après sa victoire à Bordeaux à L'Equipe : "Quand je vois la ligne d'arrivée, c'est comme un boost [...] C'est addictif [...] C'est comme si c'était la dernière minute de ma vie, que je tombais dans le vide et que j'essayais quand même de survivre."

Pour Tom Steels, son sprinteur possède en outre la faculté de sentir le tempo de l'exercice : "Il a cette qualité de sprinteur de réussir à y aller quand le 'momentum' est là." Signe qu'il n'abandonne rien, ce n'est pas la première fois qu'il s'impose en revenant de loin. "J'ai fait un sprint incroyable, mais j'en ai déjà réalisé des similaires par le passé, depuis loin, depuis l'arrière", a-t-il noté après sa victoire. "Tim ne panique jamais, c'est une de ses qualités. Il a vraiment pris la vitesse du groupe de devant, et il est passé", a aussi appuyé son directeur sportif.

Le voilà à deux victoires de rang, sur trois étapes au total promises aux sprinteurs depuis le Grand Départ de Barcelone. Battu à Pau, il a tout de même pris la troisième place malgré la chute de trois de ses coéquipiers dans son train à cinq kilomètres de l'arrivée. Un bilan déjà plus qu'honorable, avec peu d'occasions laissées de côté. Suffisant pour viser le maillot vert, aujourd'hui sur les épaules de Mads Pedersen, et que Merlier n'avait pas spécialement coché au départ du Tour ? "J'ai toujours rêvé de porter ce maillot sur la route du Tour", répond l’intéressé. "Ça dépend de Pedersen, s'il a encore des jambes pour aller en échappée". La bataille est en tout cas ouverte pour le meilleur sprinteur du moment.

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