TEMOIGNAGE. "C’est un morceau d'histoire trouvé plus de 100 ans après..." : alors qu'ils pêchaient sur les bords de la rivière, ce couple du Lot tombe sur un obus de la Première Guerre mondiale
l'essentiel Lors d'une sortie pêche à Floirac (Lot), Laurent et Muriel ont découvert un obus de mortier de la Première Guerre mondiale sur un îlot de galets, un samedi de juillet. Alertée, la gendarmerie a sécurisé le site en attendant l'intervention des démineurs, même si l'engin était devenu inoffensif après plusieurs années sous l'eau. On vous raconte cette découverte plus qu'insolite.
Laurent et sa compagne Muriel pensaient simplement passer un week-end paisible au bord de l'eau pour pêcher. C’était sans compter la découverte, sur un îlot de galets à Floirac, d'un vestige explosif vieux de plus d'un siècle.
Ce samedi-là, profitant du niveau particulièrement bas de la Dordogne, Laurent (originaire de Thégra) et sa compagne corrézienne Muriel décident de traverser le lit du cours d'eau pour explorer des zones habituellement inaccessibles. Alors qu’ils arpentent de petits îlots de galets face aux falaises de Floirac, un objet singulier attire leur attention. "J’ai vu un objet au bord de l'eau qui ressemblait un peu à une gourde moderne, mais en plus grand et plus pointu", raconte le Lotois. En tentant de le soulever, la lourdeur du métal et les traces de rouille attirent sa curiosité... puis sa méfiance. "Ma compagne m'a dit : Mais ce n'est pas une bombe au moins ? On l’a reposé délicatement, on l’a pris en photo et on a fait une vidéo."
De retour chez eux le soir même, le couple effectue des recherches sur Internet pour identifier le mystérieux objet. Le verdict tombe rapidement : il s'agit d'un obus de mortier datant de la Première Guerre mondiale. "Les modèles de la Deuxième Guerre mondiale sont très différents. Après avoir tout fouillé, il correspond vraiment à un engin de la Première".
"On a eu l’impression qu’il était posé là sur les galets au milieu de l’eau"
Alertée dans la soirée, la gendarmerie prend note de la découverte mais fixe le rendez-vous au lendemain matin. Durant la nuit, l'inquiétude monte chez les deux pêcheurs. Laurent et Muriel craignent qu’un promeneur ou un touriste ne ramasse l'engin et ne se blesse.
Résultat : le dimanche, dès 7 h 30 du matin, le couple est déjà sur place pour surveiller les lieux avant l'arrivée des forces de l'ordre. Rejoints sur la plage par le chef de brigade de Souillac, ils accompagnent le militaire près de leur trouvaille. Sur place, des photos sont transférées aux services de déminage qui permettent d'identifier formellement l'objet. "Selon eux, l’engin contenait de la poudre noire qui est devenue inoffensive après plus d’un siècle passé sous l’eau", décrit Laurent. L’équipe de déminage ne peut se rendre sur place qu’à partir du lundi. "On a pris des bâtons et on a mis des rubalises pour entourer l’objet en attendant qu’il soit ramassé. Les gendarmes voulaient que les gens fassent attention", affirme le pêcheur. Ce qu'il est advenu de l'obus, Laurent ne le sait pas.
Pour le couple de Lotois, l'émotion reste intacte : "On ne s’y attendait vraiment pas. La veille, on était dans le même secteur et on n’a rien vu du tout". Laurent conclut : "Ça fait 30 ans que je viens pêcher sur les bords de la Dordogne, c’est une vraie surprise. C’est un morceau d'histoire trouvé plus de 100 ans après. On a eu l’impression qu’il était posé là sur les galets au milieu de l’eau. On se demanderait presque si ce n’est pas quelqu’un qui l’a retrouvé dans l’eau et l’a laissé là...". Une session de pêche dont Laurent et Muriel garderont, à coup sûr, un souvenir impérissable... et quelques clichés insolites dans l'album photo.