Un chiffre d’affaires en baisse, moins de salariés employés : que disent les chiffres de la construction en 2025 à Monaco ?
Le verre est à moitié plein lorsqu’il s’agit de faire le bilan de l’année 2025 des activités de la construction en Principauté. En cause, un chiffre d’affaires en nette chute mais des statistiques plutôt bonnes si l’on prend un peu de recul sur les dix dernières années.
Dans un focus publié ce vendredi 24 juillet 2026 par l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee), on y apprend qu’après trois années « exceptionnelles » portées par des chantiers d’envergures à Monaco, le chiffre d’affaires de ce secteur d’activité a chuté de 36,1 % en 2025 comparé à l’année précédente. Il est situé en 2025 à 1,748 milliard d’euros, soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2021. Et qui s’élève tout de même à près du double par rapport à 2016, dix ans en arrière donc.
Si on se plonge plus en détail dans ces statistiques, on s’aperçoit que toutes les divisions de la construction sont en repli. Et plus particulièrement la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels qui repasse sous la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires avec une baisse de 771,7 millions d’euros (-45,5 %). Les travaux de construction spécialisés fléchissent, eux, de 157,2 millions d’euros (-16,8 %) et le génie civil de 57,7 millions d’euros (-55,1 %).
Modifiant ainsi la part de la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels représentée dans le secteur, passant de 64,9 % à 52,8 %.
Une baisse du nombre de salariés
Avec 6 245 salariés en 2025, l’effectif de la construction décroît de 288 personnes (-4,4 %). Une baisse qui est plus marquée que celle de l’ensemble de la main-d’œuvre de la Principauté (-1,2 %). Toutefois, le secteur demeure le troisième plus gros employeur de Monaco. Ainsi, plus d’un salarié du privé sur dix travaille dans la construction, sans compter les intérimaires. Le nombre d’employeurs diminue aussi pour atteindre 347, soit 17 de moins qu’en 2024 (-4,7 %).
Les travaux de construction spécialisés concentrent la majorité des effectifs avec 3 311 salariés (-5,6 %) et 234 employeurs (-2,1 %), suivis de la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels avec 2 774 personnes (-2,5 %) et 103 employeurs (-9,6 %). Le génie civil demeure marginal avec 160 employés dans 10 entités.
Le secteur d’activité le plus masculin
Sans surprise, la construction est de loin le secteur d’activité le plus masculin de la Principauté avec 5 735 hommes pour 510 femmes. Plus de 90 % de ses effectifs sont des hommes, contre 61,1 % pour l’ensemble du privé.
Plus de la moitié de ses employés ont entre 35 et 54 ans et l’âge moyen est légèrement supérieur à la moyenne générale : 43,8 ans contre 42,5 ans.
Plus d’un salarié sur deux est de nationalité française (51,0 %), contre 61,6 % au global. La part d’Italiens est de 18,8 % contre 15 % dans le privé. Celle des Portugais est près de trois fois supérieure (18,3 % contre 6,8 %). Les Monégasques demeurent très minoritaires avec seulement 0,3 % de l’effectif, soit une vingtaine de salariés.
Enfin, plus de 80 % des salariés de la construction résident en France avec 62,5 % d’entre eux localisés dans les Alpes-Maritimes hors communes limitrophes et 17,1 % dans les communes limitrophes. Seulement 3,2 % vivent à Monaco, une proportion nettement inférieure à celle du global (10 %). Les résidents italiens représentent 15,7 % des effectifs, contre 8,8 % pour l’ensemble du privé.
Le nombre de jours travaillés par des intérimaires en baisse
Toujours selon l’Imsee, quatre missions d’intérim sur dix ont été effectuées pour le compte d’entreprises du bâtiment en 2025. Ces contrats représentent près de 70 % de l’ensemble des jours travaillés en intérim sur l’année. Au total, les intérimaires ont effectué 1,1 million de journées de travail dans la construction. Ce chiffre est en recul de 32,3 % par rapport à 2024, revenant ainsi à un niveau légèrement supérieur à celui de 2021.