Vers des négociations commerciales tendues: préparez-vous à des hausses de prix au supermarché
Publié aujourd'hui à 13h55
Lire dans l'appRMCVictor Joanin (édité par Guillaume Descours)
Malgré l'inflation et la hausse des coûts de l'essence, les produits dans les supermarchés n'ont pas encore vu leur prix augmenter. La raison: il n'y a pas eu de réouverture des négociations entre distributeurs et industriels. Celles-ci auront lieu de décembre à février et elles seront sûrement explosives dans un contexte tendu.
Dure période pour le portefeuille des Français. Les prix à la pompe s'envolent et l’'inflation accélère, mais pourtant dans les rayons des supermarchés, ça tient pour le moment.
Si on a pu remarquer des hausses sur certains légumes, comme les concombres et les tomates, globalement les prix dans la grande distribution sont restés stables en juillet et en août selon le très sérieux institut Circana.
Cela s’explique parce que le prix de la plupart des produits en rayons est fixé une fois par an, au début de l'année. Donc en théorie il n'y aura pas de grosse augmentation avant mars. En attendant, les fabricants industriels absorbent ces surcoûts en rognant sur leurs marges, comme Nicolas Montserret qui fait du saucission et de la saucisse dans le Rhône, mais ça ne sera bientôt plus tenable.
“Notre premier achat c’est la viande de porc. Depuis le 1er juillet le porc a pris entre 40 et 50 centimes du kilo. Et après à côté de ça les assaisonnements augmentent. Et avec le coût de l’essence qui devient inabordable c’est un gros souci", indique-t-il.
Et il ajoute: "On n’a pas pris encore de décision parce que le problème c’est qu’il y a des négociations qui vont se faire en fin d’année avec les grandes surfaces. Donc il faut aussi pas perdre ses clients et essayer d’en trouver. Et ce n’est pas en haussant les prix qu’on va en trouver. Donc on est encore en réflexion”, souligne-t-il.

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Et ce patron est loin d'être le seul dans ce cas. Face à la hausse des coûts, beaucoup d'industriels n'ont plus le choix, ils ont besoin de réviser leurs tarifs sans attendre la date légale de négociations, de décembre à février. C'est la demande portée par Léonard Prunier, le numéro 1 d'une fédération qui représente des fabricants comme le café Malongo et les chips Brets.
“J’appelle les distributeurs à ouvrir les négociations avec les entreprises qui le demandent. Il faut se rendre compte que le transport c’est 30% de hausse en moyenne, les emballages c’est plus de 10%. A la suite de la sécheresse il y a une augmentation sur les matières premières agricoles. Dans les autres pays européens les PME ont déjà réussi à répercuter le coût qu’elles ont eu. Donc il y a besoin d’ouvrir les négociations pour les entreprises qui en ont besoin rapidement”, appuie-t-il.
Vers des négociations commerciales explosives?
Mais pour le moment les enseignes comme Leclerc ou Auchan font la sourde oreille. "On a aucun intérêt à renégocier dès maintenant", glisse un distributeur. En effet, si lui accepte une hausse des tarifs et que ses concurrents ne le font pas, il perdra des clients... Donc les prix n'augmenteront probablement pas avant mars prochain à la fin des négociations. Certains industriels commencent à évoquer des hausses de 3 à 5%, mais c'est encore trop tôt pour avoir une tendance fiable. Les hausses demandées seront en tout cas raisonnables promet Nicolas Facon, le représentant des multinationales comme Danone ou Coca-Cola.
“On en train de parler de quelques centimes par article. Donc on n’est pas devant une vague, ce n’est pas le même phénomène que la hausse des carburants qui touche directement les ménages. Là on parle de quelques centimes qui font vraiment la différence à la fois pour les transformateurs industriels et pour les producteurs agricoles”, indique-t-il.
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Tous les acteurs du secteur s'attendent en tout cas à des négociations inflammables, encore plus tendues que d'habitude, et dans un contexte très sensible puisqu'elles auront lieu en pleine campagne présidentielle.
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