Perturbations CFF : Vincent Ducrot défend la qualité du réseau

Perturbations CFF : Vincent Ducrot défend la qualité du réseau

Après la paralysie de la ligne Renens-Morges jeudi soir causée par un oiseau pris dans la ligne de contact, le directeur des CFF Vincent Ducrot s'est exprimé vendredi dans le 19h30. Il présente ses excuses aux usagers tout en défendant la qualité globale du service ferroviaire suisse.

Invité du 19h30 de la RTS vendredi soir, le directeur des CFF Vincent Ducrot a réagi à la paralysie de la ligne Renens-Morges survenue jeudi. Face aux critiques et à l'exaspération des usagers de l'axe Genève-Lausanne, le patron des chemins de fer a défendu la performance du réseau suisse tout en reconnaissant certaines lacunes.

Interrogé tout d'abord sur une éventuelle baisse tarifaire pour compenser les nombreux incidents sur cet axe crucial, Vincent Ducrot a écarté cette option: "Non, ce n'est pas une option du tout parce que le législateur a prévu quelque chose d'autre. C'est un remboursement en cas de retard et perturbation." Le système actuel prévoit une indemnisation de 25% après une heure de retard et de 50% après deux heures.

>> Revoir à ce sujet le reportage du 19h30 :

Retards: l'idée d'un rabais sur les abonnements des pendulaires fait son chemin

Retards: l'idée d'un rabais sur les abonnements des pendulaires fait son chemin / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30

Des excuses et la promesse d'amélioration

Face à la colère des usagers quotidiens de cet axe, Vincent Ducrot a présenté ses excuses : "On ne peut que s'excuser auprès des usagers quand ça arrive. C'est ce que je fais ce soir. Et puis leur dire qu'on fait vraiment le maximum pour que le système fonctionne."

Il a également reconnu des failles dans la gestion de crise de jeudi : "Hier, c'était très, très difficile parce que les bus de remplacement qu'on met en place n'ont pas pu arriver à cause de la fermeture de l'autoroute." Toutefois, il souligne la réactivité de ses équipes: "Je peux vous dire, sept minutes après le début de la panne, il y avait déjà tous les systèmes CFF qui étaient en alerte pour essayer de réparer le plus vite possible."

Un point d'amélioration prioritaire a cependant été identifié. "On a toujours ce souci de l'information voyageurs. Là, je le concède, on doit faire mieux. Et on y travaille."

Une défense de la qualité globale

Malgré les critiques, Vincent Ducrot a toutefois tenu à rappeler les performances du réseau suisse: "Il ne faut pas oublier qu'on a quand même 94% de nos trains qui arrivent avec moins de trois minutes de retard en Suisse. C'est juste une situation que tous nos voisins envient, tout le monde vient regarder comment on fait."

Il a également souligné l'intensité du trafic sur cet axe: "Prenez cet axe entre Renens et Bussigny, il y a 600 trains par jour qui passent."

Pas de dépriorisation

Concernant le projet de nouvelle ligne Genève-Lausanne, dont le premier maillon – le tunnel Morges-Perroy – n'est prévu qu'en 2043 au plus tôt, Vincent Ducrot a défendu les délais : "Ce qu'il faut voir, c'est simplement la durée normale d'un projet. On a commencé des travaux entre Zurich et Winterthour qui ont été décidés en 1999. Donc, vous voyez, ça prend énormément de temps, c'est très très complexe."

Il a également démenti toute mise en retrait du projet: "Contrairement à ce qui a été dit, le projet n'est pas du tout dépriorisé. Il avance même très bien selon le planning." Le directeur a expliqué la complexité technique: "Il faut imaginer, on va faire une dizaine de kilomètres de tunnel. Il y a énormément d'études, d'analyses à faire. Il faut obtenir un permis de construire. Donc ça, ça prend beaucoup, beaucoup de temps."

En attendant cette infrastructure, les CFF misent sur l'amélioration de l'information aux voyageurs et la gestion des perturbations, tout en admettant leur impuissance face aux causes externes qui représentent les trois quarts des interruptions sur cet axe stratégique.

Propos recueillis par Valentin Emery

Adaptation web: ther