Washington promeut ses expulsions de ressortissants haïtiens

Washington promeut ses expulsions de ressortissants haïtiens

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Une vidéo du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) montrant des hommes enchaînés embarquer à bord d'un avion semblant destiné à les expulser vers Haïti a suscité l'indignation.

Plusieurs démocrates accusent Washington de semer la peur au sein des communautés haïtiennes aux États-Unis, à l'heure où le pays intensifie les expulsions vers cette nation en proie à la violence.

La vidéo, partagée jeudi soir sur X, montre plusieurs hommes menés jusqu'à l'intérieur d'un avion, les mains et les pieds liés, attachés à une chaîne autour de la taille.

Le [statut de protection temporaire] haïtien a été RÉSILIÉ, peut-on lire dans la publication, qui précise que ces images proviennent d’un vol de rapatriement vers Haïti effectué jeudi. Ceux dont le [statut de protection temporaire] a été résilié se trouvent illégalement sur notre territoire. Ils ont deux options : PARTIR IMMÉDIATEMENT ou être EXPULSÉS.

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Washington vante ses expulsions de ressortissants haïtiens

Ce statut permet à des ressortissants étrangers de vivre et de travailler aux États-Unis sans craindre l’expulsion lorsque la situation dans leur pays d’origine est jugée trop dangereuse.

En juin, la Cour suprême des États-Unis a autorisé l’administration du président Donald Trump à mettre en œuvre son projet de suppression du statut de protection temporaire pour les Haïtiens, malgré les inquiétudes exprimées par des avocats et des défenseurs des droits de la personne concernant la violence meurtrière des gangs et l’instabilité en Haïti.

Cette mesure, qui touche plus de 300 000 Haïtiens aux États-Unis, est entrée en vigueur fin juillet.

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Un « plan de déportation » pour 350 000 Haïtiens

L’administration Trump a mis fin au [statut de protection temporaire] pour les familles haïtiennes et se vante de les renvoyer dans un pays déchiré par la guerre, a écrit le Parti démocrate de Floride sur X, condamnant la vidéo du DHS. Ce n’est pas de la force. C’est de la dépravation déguisée en politique.

La représentante démocrate de l’Arizona Yassamin Ansari a également commenté la publication, affirmant qu’au milieu d’un déluge sans fin de dépravation de la part du régime Trump… c’est l’une des pires.

Interrogée sur ces critiques, une porte-parole de la Maison-Blanche, Lauren Bis, a déclaré à CBC News dans un courriel : Les tribunaux fédéraux ont ordonné que les Haïtiens en situation irrégulière quittent les États-Unis, et nous leur avons généreusement proposé des vols gratuits vers la destination de leur choix.

Haïti toujours en proie à la violence des gangs

Haïti a connu une recrudescence de la violence des gangs à la suite de l’assassinat, en 2021, du président Jovenel Moïse, qui a créé un vide politique et aggravé une insécurité qui durait depuis des années.

Selon les Nations unies, environ 1,5 million d’Haïtiens sont aujourd’hui déplacés à l’intérieur du pays en raison de la violence liée aux gangs. Au moins 1408 personnes y ont été tuées et 656 autres y ont été blessées entre le 1er avril et le 30 juin.

Dimanche dernier, au moins 47 personnes, dont cinq enfants, ont été tuées lors d'une attaque perpétrée par des gangs à Kenscoff, une localité surplombant la capitale, Port-au-Prince. Des dizaines de personnes ont également été enlevées.

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Nuit de terreur en Haïti : l'extrême violence des gangs

Indrika Ratwatte, sous-secrétaire général par intérim des Nations unies chargé des affaires humanitaires, a déclaré vendredi que près de 200 000 personnes avaient été renvoyées de force en Haïti au cours des huit premiers mois de 2026, malgré des niveaux choquants de violence et de souffrance.

Cela représente une augmentation de 10 % par rapport à la même période l’année dernière, a précisé M. Ratwatte lors d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à Haïti.

Beaucoup arrivent sans ressources, sans papiers ni réseaux de soutien, et certains ont des besoins de protection particulièrement urgents, a-t-il déclaré.

Des communautés se préparent à davantage de déportations

Le New York Times a rapporté cette semaine que le gouvernement américain comptait accélérer les expulsions vers Haïti, passant d’un vol par mois à un vol par semaine, à la suite de la suppression du statut de protection temporaire.

CBC News a demandé au DHS des précisions sur le vol d’expulsion vers Haïti montré dans la vidéo diffusée jeudi sur les réseaux sociaux, et s’il prévoyait d’accélérer encore les expulsions.

Dans un courriel, le porte-parole a expliqué que le Département ne divulguait pas d’informations sur ces vols pour des raisons de sécurité opérationnelle et de sécurité de [son] personnel.

Le statut de protection temporaire est exactement cela : temporaire. Pendant trop longtemps, le [statut de protection temporaire] a été autorisé à fonctionner comme un programme d’amnistie de facto, alors que le Congrès n’a jamais eu l’intention d’en faire un dispositif permanent, a ajouté le porte-parole.

Le New York Times a mentionné que près de 60 personnes expulsées étaient arrivées jeudi à Cap-Haïtien, une ville côtière du nord d’Haïti, à bord de ce vol. Le Miami Herald a précisé que des enfants, dont un âgé de trois ans et né aux États-Unis, figuraient parmi les personnes expulsées. Par ailleurs, le DHS a déclaré lundi avoir renvoyé 162 Haïtiens vers leur pays d’origine à bord d’un vol le 20 août.

L’Haïtian Bridge Alliance, une association qui soutient les immigrants haïtiens aux États-Unis, a affirmé que de nombreuses personnes à bord de ce vol avaient perdu leur statut de protection temporaire. C’est notre douloureuse réalité, et la peur règne dans les communautés à travers tout le pays, a déclaré l’association.

D'après un texte de Jillian Kestler-D'Amours, CBC.