550 agents dans toute la capitale : opération coup de poing contre la drogue à Bruxelles où policiers et militaires ont coopéré
L'objectif avoué est opérationnel mais aussi de communication politique: répondre de manière visible au sentiment d'insécurité dans certains quartiers et affirmer la présence de la force publique. Pour la première fois, une septantaine de militaires y ont pris part.
"C'est blindé de flics", a glissé une mère à sa fille en sortant de la station Clémenceau où la presse était conviée aux côtés des ministres de l'Intérieur et de la Défense, Bernard Quintin et Theo Francken. Policiers, contrôleurs et militaires étaient postés aux sorties. En une heure, huit personnes ont été interpellées, notamment parce qu'elles détenaient des stupéfiants dans une quantité dépassant largement la consommation personnelle.
Quelques jours après les tirs sur un commissariat d'Anderlecht, et même si elle a été décidée au début de l'été, l'opération résonne de manière particulière.
"Le message principal, c'est que les rues, les stations de métro à Bruxelles appartiennent à nos concitoyens. Pour qu'ils puissent y être tranquilles, l'État met en œuvre sa puissance, les différents niveaux de police mais aussi, pour la première fois, l'armée", a expliqué M. Quintin.
Une "dynamique de représailles" entre deux bandes rivales à l'origine de la récente vague de fusilladesAu total, 450 policiers locaux et fédéraux y ont pris part, accompagnés de 70 militaires et d'agents de la Stib. Il y a un an, un plan "Grandes villes" était mis en place. L'opération s'inscrit dans ce cadre. Peut-elle suffire? "Je n'ai jamais dit que j'avais la solution mais c'est la globalité des actions que l'on met en place qui nous permet de combattre le crime organisé lié au trafic de drogue. C'est pour cela que je parle d'urgence nationale: tout le monde doit prendre ses responsabilités", a ajouté le ministre.
À l'entendre, le plan fonctionne. Les coups de feu contre le commissariat en témoignent, selon lui. "Cela montre que l'on dérange les dealers dans leur façon de travailler. Ils ont envoyé un message, on l'a bien entendu et on va continuer les opérations avec toutes les forces que l'on a à notre disposition", a averti M. Quintin.
Le procureur de Bruxelles plaide pour une réponse sanitaire au problème de la drogue : "La solution ne doit pas venir que de la Justice"De nombreux passants assistaient à la visite des deux ministres. Certains d'entre eux se montraient sceptiques. "À chaud, après des fusillades, on a déjà vu ça, le ministre est déjà venu il y a un an. Mais la priorité, c'est la proximité, une police qui connaît les habitants, les dealers. Ici, on voit la police tourner mais les gamins vont se cacher et ils reviennent après. Et puis notre problème, c'est aussi les consommateurs. Ceux-là, on ne sait pas leur parler, ils se montrent agressifs. Il faut trouver une solution pour ceux-là aussi", expliquait un membre du comité de quartier.