C'est l'un des pires débuts de saison de l'histoire moderne d'Anderlecht et pourtant, personne ne panique
"La saison est encore longue." On atteint le paroxysme du cliché en entendant Tristan Degreef. Envoyé en zone d'interview, le jeune produit d'Anderlecht a dû justifier le retard de son club au classement, sa position hors du top 10 et les soucis devant les cages adverses. Pas facile de se justifier après un sept sur quinze.
Ces sujets commencent à trotter dans la tête de certains. Les quelques sifflets entendus au Lotto Park suite à de mauvais choix des joueurs contre Genk ont vite fait oublier les scènes de joie de la qualification européenne dix jours avant.
À la conclusion des barrages, Colin Coosemans a remis l'église au milieu du village. Anderlecht était encore loin de standards vers lesquels il tend. C'est en tout cas l'avis de son capitaine.
À raison, car les chiffres ne parlent pas en faveur des Bruxellois en ce début de saison. Après cinq journées de compétition, les Mauves sont à huit unités de la tête de la compétition et ont déjà du retard sur les candidats au top 4 et donc aux bons tickets européens.
Hors du top 10 après son nul face à Genk, Anderlecht doit commencer à prendre des points en Pro LeagueJuste meilleur que sous Kompany et Weiler
Sept points sur 15, c'est peu pour un candidat aux meilleures places du classement. Mais ce n'est pas une première dans l'histoire récente d'un club qui peine à se reconstruire depuis son dernier titre en 2017.
Tiens tiens, en parlant de gueule de bois post-célébration. Anderlecht n'a jamais réussi à tourner le bouton après son dernier trophée en date. Cela a coûté sa tête à René Weiler. Le technicien suisse avait vécu un été cauchemardesque sans obtenir les renforts pour pallier le départ de joueurs comme Youri Tielemans.

L'équipe sous Weiler n'avait pris que cinq unités. Sans oublier le fiasco du Bayern avec un Sven Kums exclu alors qu'il avait été aligné en tant que libéro. Il avait fallu deux matchs de plus et un nul à Courtrai, où une discussion entre le technicien et le directeur sportif Herman Van Holsbeeck avait été surprise, pour qu'il prenne la porte.
Le bilan a été encore plus désastreux pour les débuts de Vincent Kompany en tant que joueur/entraîneur. Anderlecht n'avait pris que deux points. On ne souhaite d'ailleurs pas à Vitor Bruno de commencer aussi mal. Le RSCA, après huit journées de compétition, n'avait pris que cinq unités sur 24 possibles.
Si Antman est un Messi, Tihinen était meilleur que Kompany : jusqu'à présent, on préfère mille fois le brave Hannu au pauvre OliverUn record négatif de buts inscrits
Mais l'Anderlecht de Kompany avait marqué davantage de buts que l'actuel. Quatre contre trois. Ce manque d'efficacité offensive est un souci. La victoire face à Courtrai a été poussive. Le partage face à Genk aurait mérité mieux.
On notera toutefois une sacrée différence entre les deux effectifs. Si Bruno peut tabler sur un trio d'attaquants à 10 millions, Kompany devait aligner Pieter Gerkens – milieu offensif de formation – à la pointe de son attaque dans un rôle de faux 9.
Sous Weiler, c'était encore plus inquiétant car deux des trois buts étaient tombés lors d'une défaite à Saint-Trond. La génération actuelle a eu le bon goût de gagner à deux reprises lorsqu'elle a trouvé le chemin du but adverse.
Arie Haan avait pris la porte
Comparons ce qui est comparable. La Belgique a fait machine arrière en termes de format de compétition renvoyant tout le monde en 2008-09, dernière saison sans playoffs. Depuis lors, un début d'exercice moyen pouvait être tempéré à coups de recalculs en demi-points. Et cela change tout car Anderlecht n'aurait que quatre unités de retard sur la tête du classement. Rien d'alarmant.

Pour retrouver un début de saison aussi compliqué en termes de points, il a fallu replonger dans un monde où la comédie musicale Notre-Dame de Paris était en tournée. 1998, année presque sanglante pour le Sporting.
Sous Arie Haan et sur fond de tensions entre le coach et Pär Zetterberg, les Mauves ont réalisé l'une des pires entames de saison de leur histoire : aucune victoire en cinq matchs mais surtout une gifle monumentale face à Westerlo. Un 6-0 dont Stoica, Baseggio, Crasson et compagnie se souviennent encore.
Le coach néerlandais avait été remercié après sept journées, remplacé par le duo Jean Dockx-Frankie Vercauteren. Les Mauves ont réussi à terminer à la troisième place du classement.
Il n'y a aucun signe de panique au sein du club.
L'histoire prouve que rien n'est perdu après cinq journées de championnat. Mais aussi que la tolérance n'est plus à la hauteur de celle de l'époque. Les standards sont largement revus à la baisse. De par la puissance financière réduite du club mais aussi par les nombreux échecs managériaux qui forcent une nouvelle reconstruction.
Par la voix de ses joueurs et de son coach, on sent une réelle sérénité dans cet Anderlecht. Il n'est pas dans le top 10 mais ne panique pas. Vitor Bruno a qualifié les Mauves d'"incroyables".
"Ils ont été amazing": à la Roberto Martinez, Vitor Bruno a complimenté ses joueurs malgré le nul blanc, "Je suis très fier d'eux"Le Portugais n'est pas à l'abri d'une exagération. Ses joueurs étaient plus modérés mais pas moins positifs. "Je suis content de la prestation globale même s'il y a de la déception à la fin. J'ai vu un match encourageant pour le futur."
Et Léo Pétrot de conclure : "On fait le match qu'on doit faire (NdlR : face à Genk), il nous manque juste les buts. Du beau monde est arrivé et c'est tant mieux. On aura besoin de tout le monde pour jouer le championnat et l'Europe et pour amener de la concurrence. On garde les bonnes choses de nos prestations, on analyse et on avance. On doit s'adapter à tout ce qui se passe au club. Dans le football, on n'a pas toujours le temps donc on va essayer d'aller le plus vite possible."
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