Accident d'Olga Sevastianova : le mari de la patineuse acquitté par le tribunal vaudois
Publié7. septembre 2026, 21:07
Drame aux JOJ de 2020Chute de la patineuse russe: mari acquitté, deux hommes condamnés
Lundi était rendu le verdict du procès de la chute dOlga Sevastianova à la Vaudoise aréna en 2020. Sur cinq prévenus, deux sont condamnés et son mari est acquitté.

Ils étaient cinq. Cinq prévenus en attente d'un verdict dans l'affaire de la chute de la patineuse russe Olga Sevastianova en marge des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) à la Vaudoise Aréna en 2020. Au centre, une question à laquelle devait répondre le tribunal de police de Lausanne: à qui revient la responsabilité des graves blessures subies par Olga Sevastianova six ans plus tôt?
Absents lors de la lecture du verdict au Palais de justice de Montbenon ce lundi, l'ex-patineuse et son époux Sergii Sevastianov étaient au coeur d'un étonnant scenario juridique, puisque le mari de la victime figurait au rang des prévenus. En 2020, c'est en effet lui qui, assistant son épouse, se chargeait d'activer la machinerie censée la monter dans les airs lors du spectacle. Pour rappel, l'acrobate avait chuté lors d'une répétition, alors qu'un treuil, fixé au plafond, avait dysfonctionné.
Trois acquittés et deux condamnés
Considéré comme ne disposant d'aucune connaissance technique, Sergii Sevastianov a finalement été acquitté. Deux des prévenus restants ont également été blanchis, l'instruction ayant conclu à leur absence de responsabilité dans l'accident. Au contraire des deux prévenus condamnés. Respectivement directeur technique de la société mandatée pour les installations pour l'un, et spécialiste de la technique de «rigging» - une méthode de suspension d'artistes dans les airs - pour l'autre, ils écoperont tous les deux de 180 jours-amende avec sursis.
Pour le Tribunal, Sergii Sevastianov s'est donc contenté d'amener son matériel et de le piloter, et il aurait dû pouvoir se fier aux techniciens sur place pour son installation. Ceux-ci ayant refusé les deux demandes des époux - que l'acrobate puisse être visible de son mari lors de sa prestation et que le treuil soit installé au sol comme il l'avait été lors de leurs 200 prestations précédentes - , dans une logique liée aux «contingents du spectacle et à la cérémonie dans son ensemble», ils ont alors failli à la sécurité de l'artiste, selon le verdict du tribunal.
Lien direct entre l'installation et la chute
À l'argument que l'accident n'était pas prévisible, la juge a opposé le rapport d'expertise qui souligne qu'il existe «bien un lien direct entre l'installation non-conforme et la chute» de la patineuse et que «l'accident aurait pu être évité si le diavait été installé conformément à son manuel d'utilisation». Celui-ci n'avait pas été demandé par les responsables techniques.
Le couple s'était aussi vu opposer que, constatant lors des répétitions que le treuil serait situé en hauteur et non au sol, il aurait pu refuser la situation. A cela, la présidente a transmis qu'un tel refus aurait privé l'artiste, jouissant d'une «notoriété limitée», d'une opportunité, qui au vu de son acceptation d'une faible rémunération pour sa prestation dans le cadre des JOJ 2020, était importante pour elle.
Lecture du rapport d'expertise contestée
Au vu de la souffrance physique et psychique résultant de sa chute, ainsi que de son impact sur son emploi, le tribunal a statué que la plaignante méritait des indemnités pour tort moral à hauteur de 50'000 francs, que les deux condamnés devront se partager. «Mon client a été acquitté sur la base d'un raisonnement juridique convaincant», déclarait aux médias Me Julien Gafner, avocat du mari, à la sortie du Tribunal.
Un constat que ne partagent pas Mirjam Richon-Bruder et Jean-David Pelot, avocats d'un des prévenus condamnés, qui ont indiqué faire appel. «Nous n'avons pas la même lecture du rapport d'expertise», ont-ils déclaré. Bien conscients des conséquences tragiques de cet accident sur la vie du couple, ils considèrent toutefois que des déclarations contradictoires de Sergii Sevastianov - qui aurait d'abord indiqué aux techniciens que son treuil avait parfois été installé en hauteur avant de revenir sur ses propos - n'ont pas été retenues par le tribunal. «Ce dossier contient un aspect très émotionnel, mais le droit pénal ne fait malheureusement pas dans l'émotion.»

Milena Michoud (mmd) est journaliste au sein de la rubrique Genève de 20 Minutes depuis juin 2026. Elle traite notamment de thématiques de société, de mobilité ou d'agriculture.
Ton opinion
Section commentaires désactivée
Compte tenu du caractère sensible du sujet et pour éviter tout contenu blessant, nous avons décidé de désactiver la section commentaires. Merci de votre compréhension.Règles de la communauté