Emmanuel Macron à Mende : portable en pause au collège, formation des enseignants… Une rentrée en forme de dernière sortie scolaire

Emmanuel Macron à Mende : portable en pause au collège, formation des enseignants… Une rentrée en forme de dernière sortie scolaire

Le chef de l’État était à Mende ce mardi 1er septembre pour défendre sa grande mesure de rentrée : le portable en pause au lycée. Il a aussi rencontré quelques-uns des premiers lauréats du concours d’enseignants à bac + 3.

Une rentrée très médiatique aux allures de sortie de classe ? À un peu plus de sept mois de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron a entretenu ce mardi 1er septembre, à Mende, une relation intime, voire passionnée, avec l’Éducation. Un lien sans doute renforcé par le passé d’enseignante de son épouse Brigitte.

Emmanuel Macron était à Mende ce mardi 1er septembre 2026, au lycée Chaptal.
Emmanuel Macron était à Mende ce mardi 1er septembre 2026, au lycée Chaptal. MAXPPP - ALEXIS BETHUNE

Car s’il est un ministère que le chef de l’État s’est évertué à surveiller à la loupe, c’est bien celui de la rue de Grenelle. Venir à Mende promouvoir le portable en pause au lycée et la réforme de la formation initiale des enseignants, c’était faire d’une pierre deux coups en mouillant le maillot pour des dispositifs qui lui sont chers et honorer les Lozériens d’une première visite officielle.

Bain de jouvence avec les lycéens

Fidèle à ces bains de jouvence qu’il apprécie, le chef de l’État a avant tout écouté la jeune et bonne parole dans ce département rural où les choses se passent toujours plus calmement et simplement que dans les quartiers sensibles. Une approche pédagogue pour impliquer les lycéens dans un décrochage des écrans qui implique aussi et surtout et les adultes : "On s’est laissés déborder par ces outils, y compris les adultes. Il faut reprendre le contrôle de notre temps car l’école est là pour vous ouvrir à autre chose." Même si l’interdiction partielle du portable ne fait pas sauter les élèves au plafond, le choix du lycée Chaptal pour promouvoir cette mesure de rentrée n’était pas anodin puisque l’établissement l’a expérimenté déjà depuis un an. "C’est bien de trouver des alternatives au portable mais c’est bien aussi de garder des moments où on peut l’utiliser", lui a répondu avec franchise Hicham, élèves de seconde.

Flanqué notamment du ministre de l’Éducation Edouard Geffray et de la rectrice d’académie Carole Drucker-Godard, Emmanuel Macron n’a pas coupé à un autre exercice imposé de rentrée : celui de la cantine et d’une case saucisse pommes de terre qui vous éloigne forcément du gratin politique. Autre moment d’intimité avec la France de demain, celle qui apprendra peut-être à d’autres élèves ce que l’histoire retiendra de ce double quinquennat en clair-obscur.

Dix ans de réformes incessantes qui ont usé les enseignants

Dix ans d’une frénésie réformiste nappée de bonnes intentions, censée remettre l’école dans le droit chemin mais qui, au final, lui aura peut-être fait perdre la boussole. Marqué de la main de fer de Jean-Michel Blanquer, un premier quinquennat qui aura accumulé comme rarement les réformes, celle du bac et du lycée en tête (2019), imposant Parcoursup comme une porte obscure à franchir vers l’enseignement supérieur et le contrôle continu comme l’illusion d’un diplôme à portée de toutes les mains. Dans le primaire, le dédoublement des classes de la grande section au CE1 en zone prioritaire, un des rares fils rouges, aura certes permis d’améliorer le niveau de base des élèves entrant en 6e.

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Au CDI, les élèves présentent les activités sportives et associatives qui permettent de déconnecter des écrans.
Au CDI, les élèves présentent les activités sportives et associatives qui permettent de déconnecter des écrans. ALEXIS BETHUNE

Mais on retiendra encore que le deuxième quinquennat Macron aura vu défiler pas moins de sept ministres à l’Éducation, dans un étourdissant balancier de réformes autour du lycée : le "choc des savoirs" de Gabriel Attal en 2023 puis les groupes de niveaux, quasiment délaissés cette année au profit d’un nouveau dispositif "collèges en progrès" basé sur des pédagogies innovantes. Sans parler des "deux heures de sport supplémentaires au collège", abandonnées sans avoir réellement été mises en place.

Un recrutement à bac + 3 pour relancer l’attractivité du métier

Selon les études, les courants d’air de ces injonctions contradictoires, on fait souffler dans les rangs des enseignants un vent d’instabilité, de lassitude et de souffrance, synonyme de perte de sens. Alors que l’ultime réforme, celle de la formation initiale et d’un diplôme à bac + 3, semble apporter une réponse à la crise des vocations qui s’est installée insidieusement depuis dix ans, on aurait aimé savoir. Poser cette question à Emmanuel Macron : "M. le président, que resterait-il de vos amours pour l’école ?"

Mais les micros étaient en pause eux aussi, pas au programme de cette rentrée, dédiée seulement à l’écoute. Un autre jour, peut-être.