En Grèce, la colère tonne au sommet de l’Acropole d’Athènes

En Grèce, la colère tonne au sommet de l’Acropole d’Athènes

Le matin, au pied de l’Acropole à Athènes, c’est la cohue. Les touristes qui veulent gravir la Roche sacrée cherchent de l’ombre en attendant leur tour sans comprendre où se diriger. Ce mardi, face à la canicule, la Croix Rouge a même décidé une distribution d’eau, casquettes et crème solaire jusqu’à 12 h 30. L’une des bénévoles, Sophia Markelos, précise : « La Croix-Rouge hellénique, qui est là pour délivrer les premiers secours, est toujours prête à intervenir quand le gouvernement ou la population a besoin de nous. »

« Les services proposés aux touristes ont évolué »

Pour les salariés, cette « opération de communication peine à masquer la situation réelle » sur ce sanctuaire érigé au Ve siècle avant J.-C., à l’initiative de Périclès en hommage à la Déesse Athena. « Les services proposés aux touristes ont évolué de manière inversement proportionnelle à l’augmentation du ticket d’entrée, passé de 20 euros à 30 euros en 2024 », explique une employée du site à micro fermé. Les touristes souscrivent. Un couple d’Allemands avec leurs deux enfants a dû écourter la visite car « le petit avait besoin d’aller aux toilettes, mais il n’y en a pas une fois passé l’entrée. Nous sommes descendus et allés à ceux hors du site. Ensuite, ils ont refusé de nous laisser remonter ! » Le père, Sven, est furieux : « Nous avons payé 60 euros et n’avons pas pu tout voir. » À quelques pas, un couple de septuagénaires anglais tente de monter jusqu’au guichet. La dame, peinant à marcher, descend de son scooter de mobilité à trois roues : « Nous renonçons. » Pierre et Marie, parisiens en vacances, déplorent : « Nous n’avons eu aucune consigne avant de monter. Nous avions de l’eau, mais pas assez… Il n’y a aucun équipement en haut. Pourtant, ça coûte cher ! »

L’employée reprend : « Même les équipes médicales, qui étaient auparavant présentes ont disparu. Elles ont été remplacées par des bénévoles de la Croix Rouge. » Puis, elle liste les problèmes : « Depuis un an et demi, les W.-C. sont hors service. Certaines personnes sont obligées d’uriner entre les marbres, voire pire, ou ne peuvent se retenir en descendant. L’ascenseur pour les personnes à mobilité réduite est souvent en panne, ou ne fonctionne que quelques heures. À l’entrée, c’est le bazar depuis que la gestion a été confiée à une entreprise privée. » Pour preuve, des photos sur son portable montrent des traces d’excréments, des pompiers en train de porter des personnes à mobilité réduite, la cohue à l’entrée. D’autres employés ou gardiens abondent anonymement, de crainte de perdre leur emploi.

29 millions d’euros reçus du fonds de relance de l’UE

Pour tous, depuis que des services, comme la gestion de la billetterie, le gardiennage…, ont été confiés à des entreprises privées, la situation se dégrade bien que la Grèce ait reçu 29 millions d’euros du fonds de relance de l’Union européenne. Ils étaient « destinés à améliorer les services fournis par l’Organisme de gestion et de développement des ressources culturelles [Odap en grec, NDLR] aux visiteurs des sites archéologiques et des musées », souligne un communiqué du ministère de la Culture. Ce mardi, une loi doit être votée accélérant la gestion des services des sites historiques par des entreprises privées. Provoquant la colère des salariés.