Franche-Comté. Un touriste franc-comtois au cœur d’une polémique après avoir saccagé un site naturel avec son 4x4 en Islande

Franche-Comté. Un touriste franc-comtois au cœur d’une polémique après avoir saccagé un site naturel avec son 4x4 en Islande

Les médias islandais et même le gouvernement se sont émus de la virée hors-piste d’un groupe de Français dans un site protégé de l’île. L’un des participants, qui habite dans le nord franc-comtois, a vu son nom fuiter dans la presse. Il est actuellement la cible d’insultes et menaces sur les réseaux sociaux.

Benjamin Cornuez -

Aujourd’hui à 18:50 | mis à jour aujourd’hui à 18:52

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Les touristes accusés d’avoir dégradé des écosystèmes protégés auraient reçu une première amende avant d’être appréhendés une seconde fois par la police locale.  Photo d’archives Lorène Paul
Les touristes accusés d’avoir dégradé des écosystèmes protégés auraient reçu une première amende avant d’être appréhendés une seconde fois par la police locale.  Photo d’archives Lorène Paul

La colère gronde depuis quelques semaines en Islande. Le mois dernier, deux touristes français sont appréhendés par la police locale alors qu’ils circulent dans le sud de l’île. À bord de deux Land Rover spécialement construits pour le hors-piste, ils parcourent un site protégé. Une excursion en dehors des sentiers balisés, en plein milieu d’un écosystème protégé.

Après avoir reçu une première amende de 300 000 couronnes islandaises (environ 2 000 euros), le groupe est arrêté une seconde fois quelques heures plus tard pour les mêmes faits. Une histoire largement relayée par les médias locaux. « Ce ne sont pas des touristes, ce sont des grizzlis », peste le photographe Páll Stefánsson dans le magazine  The Reykjavík Grapevine.

Réaction du ministre de l’Environnement islandais

Les traces de pneus laissés dans le sol par les 4x4 des Français sont particulièrement dévastatrices pour l’environnement, selon les experts interrogés. Les zones humides traversées subissent des dégâts parfois irrémédiables après les passages de véhicules. La mousse présente dans ces zones de toundra met au minimum plusieurs années pour se régénérer. « C’est la pire chose que j’ai vue en 40 ans », raconte un autre spécialiste des lieux, Klemenz Geir Klemenzson, au média MBL. is.

Une atteinte à l’environnement qui a choqué les guides touristiques du secteur mais plus largement la population islandaise. La polémique prenant de l’ampleur, le ministre de l’Environnement Jóhann Páll Jóhannsson est monté au créneau. « La conduite hors route laisse des cicatrices. Mon message est simple : si vous venez en Islande, vous êtes les bienvenus pour profiter de notre nature extraordinaire, mais vous êtes censés la respecter et suivre les règles. Si vous ne le faites pas, vous n’êtes pas les bienvenus ici. »

Lynché sur les réseaux sociaux

Dans cette affaire, les touristes français à l’origine des dégâts auraient pu rester dans l’anonymat. Mais l’un des conducteurs, un homme originaire du nord Franche-Comté a vu son identité rendue publique par le média islandais Manníf. La raison ? Un drone rempli d’images et d’informations personnelles oublié sur place. La carte mémoire de l’engin a été exploitée par les journalistes de Mannif. Ces données, reliées à un compte Wikiloc, ont permis de retracer plusieurs jours d’itinéraire hors piste et illégales.

Sans doute exaspéré par ces trouvailles, le média islandais a décidé de publier le nom ainsi qu’une photo du conducteur. De nombreux clichés des Land Rover ainsi que des traces de pneus creusées dans le paysage ont servi d’illustrations à tous les journaux locaux ayant traité le sujet. Une décision non sans conséquence. Depuis la reprise de cette histoire par les médias français, de nombreux internautes se sont mis en quête pour retrouver l’individu. Sur des forums en ligne ainsi que sur le réseau social X, le Franc-Comtois est copieusement insulté et son adresse est recherchée.