L’ancien joueur, l’entraîneur, le choix de l’AS Monaco... Filipe Luis vu par ceux qui ont croisé sa route

L’ancien joueur, l’entraîneur, le choix de l’AS Monaco... Filipe Luis vu par ceux qui ont croisé sa route

Ils l’ont rencontré à deux périodes différentes de sa carrière. De joueur, à l’époque. Avant de se poser sur le banc de l’AS Monaco pour vivre sa deuxième expérience d’entraîneur, Filipe Luis est passé par quelques-uns des plus grands clubs. Lors de ses débuts européens à l’Ajax Amsterdam (prêté en 2004-2005), il a croisé le défenseur Nicolas Escudé.

Lors de sa saison anglaise à Chelsea (2014-2015), il a côtoyé l’entraîneur des gardiens Christophe Lollichon. Contactés pour présenter le Brésilien, les deux Français se sont mis d’accord sans le savoir : le club princier mise sur un entraîneur prometteur mais surtout un homme droit et intègre. Présentations.

Julien Escudé : « C’est un garçon adorable et une grande personne. Quand je l’ai connu à l’Ajax, lui arrivait en Europe et était très jeune (19 ans). Il était souriant, très bien éduqué, gentil, intelligent… J’adorais son sourire, on rigolait ensemble. Je sentais déjà un gamin ouvert et curieux de ce qu’il découvrait. Plus tard, je l’ai revu quand il jouait à l’Atlético Madrid et moi à Séville, on était content de se revoir. J’estimais que c’était un garçon hyper intéressant. Quand on arrête sa carrière, certains joueurs disparaissent et d’autres répondent quand on les appelle. Filipe, j’avais retrouvé son contact et il avait tout de suite répondu ! Il était content de me retrouver, il m’avait même donné des places pour aller le voir à Chelsea. Il a bon esprit. »

Christophe Lollichon : « On ne s’est côtoyé qu’une seule saison mais il était plutôt sympa. C’était quelqu’un qui avait le contact facile, qui aimait discuter. Il n’était pas enfermé dans son casier. Je me souviens de repas qu’on a pu partager au restaurant du club après un entraînement, il était très ouvert d’esprit et nous nous étions très bien entendus. J’aimais bien le bonhomme. »

Le joueur devenu coach : « Il était professionnel, discret »

Julien Escudé : « Au niveau football, il était en concurrence avec un autre Brésilien, Maxwell. Ce n’était pas forcément le bon timing pour lui. À l’Ajax, il y a beaucoup de joueurs qui passent, ça reste un club tremplin. Donc il y a toujours un peu de doute sur ce qu’ils vont faire durant leur carrière, mais on a vu tout ce qu’il s’est passé ensuite pour lui…

Il était professionnel, discret. Ce n’était pas une personne qui se mettait en avant, mais on sentait qu’il avait la tête bien meublée. Il avait le profil du joueur curieux de son métier et cette conscience d’essayer de comprendre les entraînements. C’était intelligent de sa part de revenir au Brésil en fin de carrière (Flamengo). C’est toujours plus facile, ensuite, d’être un jeune entraîneur dans un environnement qu’on connaît. Il a eu des résultats et l’intelligence de savoir s’entourer. »

Le choix monégasque : « Beaucoup de cohérence dans sa démarche »

Christophe Lollichon : « Il a quand même de multiples facettes qui font qu’il est en mesure de savoir ce qu’il faut faire dans le foot européen. Je ne le vois pas être surpris. Filipe Luis, c’est un recrutement assez judicieux pour Monaco : il est jeune et plein d’envie. Sa première expérience a été très intelligente pour se montrer et se faire repérer par les clubs européens. Il y a beaucoup de cohérence dans sa démarche, je ne suis pas surpris parce que c’est quelqu’un d’intelligent. Il observait beaucoup : ça, c’est souvent la marque de ceux qui vont vouloir encadrer, gérer. Ils le font pour digérer ce qu’ils observent et pouvoir le ressortir quand ils seront en responsabilités. Ce choix de venir entraîner Monaco, je trouve que ça lui correspond bien. »

Julien Escudé : « Quand on devient coach, on est un peu sujet aux opportunités. Il faut se décider, partir sur des projets où on ressent des choses. Aller en France, ce n’est pas un choix facile, il ne connaît pas le championnat. Mais il est dans un club avec une histoire. Je pense que c’est son moteur et sa motivation. Pour lui, Monaco peut être un tremplin. Il est encore jeune (40 ans), il peut être proche des joueurs et transmettre. Ça commence à être un entraîneur respecté qui a gagné des choses. »