La camionnette Volkswagen de Roel tombe en panne depuis trois ans: “Le garage m’accuse même de sabotage”
Roel Vermeiren, originaire de Loenhout, a acheté un Volkswagen Amarok tout neuf en 2023, mais trois ans plus tard, le véhicule a passé plus de temps au garage que sur la route. La semaine dernière, en raison d’une panne technique, la voiture s’est de nouveau arrêtée net, provoquant un nouvel accident. L’assureur refuse désormais de couvrir les dégâts. Brecht Vanhaelewyn, expert en mobilité, explique ce qu’il convient de faire dans une telle situation.
A.MA
Source: Het Laatste Nieuws
17 septembre 2026, 19:16Dernière mise à jour: 19:34
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Une brève lueur d’espoir. La semaine dernière, Roel récupère son Amarok au garage. Mais une fois sur l’autoroute, les éternels problèmes ne tardent pas à faire leur réapparition. Le véhicule perd toute sa puissance et s’arrête net sur la bande de gauche, ce qui provoque un accident.
C’est déjà la troisième fois que le véhicule est impliqué dans une collision en raison d’une panne inexplicable, ce qui a poussé l’assureur à signifier officiellement qu’il ne prendrait plus en charge les frais de réparation. La présence d’un attache-remorque non conforme pose également problème.
Trois ans sans solution
Les ennuis débutent dès la livraison en 2023. “À la demande du garage, j’avais payé la totalité de la somme à l’avance, mais quand je suis venu chercher le véhicule neuf, il s’est avéré qu’il n’avait pas encore été livré”, raconte Roel.
La livraison intervient deux semaines plus tard, avec des dégâts sur la carrosserie et à l’intérieur, mais le principal problème est d’ordre technique. “J’avais à peine roulé 500 mètres que les systèmes d’aide à la conduite, dont le ‘Front Assist’ et le ‘Side Assist’, sont tombés en panne et que le tableau de bord s’est bloqué.”
Roel retourne au garage, où l’appareil de diagnostic ne détecte aucune erreur. “Au cours des mois suivants, l’ordinateur de bord n’a cessé de buguer, affichant des messages d’erreur absurdes comme ‘chasse-neige désactivé’.” Ce bug logiciel semble d’ailleurs toucher d’autres propriétaires d’Amarok. Entre-temps, la livraison des pièces détachées s’éternise durant des mois en raison de problèmes d’approvisionnement.
Pas sans conséquences
Au cours des huit mois suivants, Roel ramène le pick-up au garage à plusieurs reprises, mais les problèmes logiciels restent sans solution. “Lorsqu’un véhicule m’a coupé la route sur un rond-point, je n’ai pas pu freiner à temps et le Front Assist n’est pas intervenu. Je l’ai percuté à 30 kilomètres par heure.”
Évidemment, même avec l’assistance à la conduite, le conducteur reste toujours le premier responsable pour freiner à temps. Mais on est en droit d’attendre d’un système de sécurité qu’il apporte le soutien promis. En raison d’un manque de pièces de rechange, le véhicule reste inutilisable pendant neuf mois.
Le risque pour la sécurité s’aggrave encore par la suite. Le véhicule perd brutalement toute sa puissance moteur en plein trajet. “C’est arrivé notamment sur le Ring d’Anvers et, plus tard, à Lummen, où j’ai même fini ma course dans la glissière de sécurité.” Querelle sur la charge de la preuve
Après une bataille ardue pour obtenir l’assistance juridique, le conflit prend de l’ampleur. Le garage affirme ne lire aucune anomalie et accuse Roel de provoquer lui-même les pannes en coupant le contact tout en roulant. Pour réfuter cette accusation, le principal intéressé installe une dashcam à bord, qui prouve qu’il a les deux mains sur le volant lors des pannes.
“Le garage a rejeté les images, affirmant qu’elles avaient été manipulées. Finalement, il a lui-même installé une caméra dans le véhicule.” Lorsque la camionnette, équipée de cette caméra, s’est arrêtée net pour finir dans la glissière de sécurité, la preuve semble irréfutable. “Mais selon l’expert judiciaire, ce n’était pas le cas, sous prétexte que je continuais à rouler avec le véhicule”, rapporte Roel.
Le garage tente de lui faire porter le chapeau en prétendant que le problème vient de sa remorque et qu’il a chipoté à la boîte à fusibles. “Alors que j’ai des preuves photographiques montrant que ces soucis étaient présents dès le début.” Il s’interroge également sur la démarche de l’expert qu’il a lui-même mandaté. “Il s’est arrêté après seulement 2.000 kilomètres, alors que je lui avais bien dit que le problème se manifestait tous les 4.000 kilomètres.”
Impact financier
L’impasse est totale. Après les dernières réparations, l’Amarok est recalé au contrôle technique en raison d’un jeu excessif au niveau de l’attelage. “Il s’agit d’un problème structurel qui touche également le Ford Ranger et pour lequel il n’existe pas encore de solution conforme. À moins de retirer l’attelage, mais j’en ai besoin pour ma remorque.”
Roel exige l’annulation du contrat de vente, le remboursement ainsi qu’une indemnisation d’environ 20.000 euros pour les frais engagés, principalement liés à un véhicule de remplacement. Selon lui, l’importateur D’Ieteren refuse toute communication ultérieure et l’expert judiciaire ne tranche pas. “J’ai l’impression que tout le monde est de mèche pour me faire abandonner”, déplore-t-il.
Nos confrères de Het Laatste Nieuws ont sondé D’Ieteren, l’importateur officiel de Volkswagen en Belgique. Réponse? Une procédure judiciaire est actuellement en cours concernant la résolution éventuelle de l’achat et le dédommagement des frais occasionnés. “Tant qu’aucun jugement n’a été rendu, nous ne pouvons faire aucun commentaire”, a indiqué le porte-parole Jean-Marc Ponteville. “Dans le même temps, nous continuons à chercher une éventuelle solution à l’amiable.”
Trop vite sur le marché
Brecht Vanhaelewyn, expert en mobilité, y voit une tendance plus globale sur le marché. “Chez de nombreuses marques, le service client sert de première ligne de défense pour rejeter les réclamations. Pourtant, les études de marché montrent bien que la fiabilité des véhicules neufs est fortement mise à mal par des défaillances logicielles.”
Selon le spécialiste, les voitures neuves arrivent trop vite sur le marché afin de réduire les délais de développement et de limiter les investissements. “Les systèmes ne sont pas suffisamment testés et les constructeurs comptent régler les problèmes plus tard via des mises à jour logicielles.”
Les garages se trouvent eux aussi démunis. “Face à un capteur défectueux, ils peuvent remplacer la pièce, mais ils n’ont aucune solution structurelle à offrir en cas de bugs informatiques plus profonds.”
Bataille juridique
Même si la demande d’annulation de la vente formulée par Roel est légitime, l’expert souligne la complexité de la réalité juridique. “Un constructeur ne remboursera presque jamais la totalité du montant d’achat, car ce serait reconnaître ses torts. Vous vous retrouvez dans une arène face à une partie adverse armée d’avocats spécialisés et de procédures bien rodées.”
Il émet également des réserves quant à l’objectivité des experts judiciaires. “Ils traitent des dizaines de dossiers par an pour de grandes marques, ce qui pose question. Ils arrivent souvent à des conclusions difficiles à justifier, au détriment du consommateur.”
Si l’affaire tourne au désavantage du client, mieux vaut envisager d’autres pistes. “Il est parfois possible de négocier un geste commercial via son assurance protection juridique, car s’obstiner au tribunal coûte cher.”
“Optez plutôt pour une autre marque et un modèle fiable et abouti, présent sur le marché depuis déjà un certain temps”, conseille Brecht Vanhaelewyn.