Les monnaies virtuelles de neuf jeux vidéo dans le viseur des autorités européennes
La Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs demandent à neuf éditeurs d’examiner leurs pratiques autour des monnaies virtuelles.
Neuf entreprises du jeu vidéo sont concernées par une action coordonnée du réseau CPC, chargé de la coopération entre les autorités de protection des consommateurs. Les jeux visés sont Candy Crush Saga, Clash of Clans, Forge of Empires, For Honor, Gardenscapes, Hunt: Showdown 1896, Mech Arena, Minecraft et Valorant. Les autorités estiment que certaines pratiques liées aux monnaies virtuelles pourraient enfreindre le droit européen de la consommation.
La démarche, annoncée le 30 septembre, concerne notamment la façon dont les joueurs sont informés du coût réel des achats. Dans de nombreux jeux, les objets sont vendus contre une monnaie propre au jeu, elle-même achetée avec de l’argent réel. Les joueurs peuvent alors devoir convertir les prix ou acheter un lot de crédits supérieur au montant nécessaire pour obtenir l’objet souhaité. Cette présentation peut rendre les dépenses plus difficiles à suivre.
Les autorités demandent aux entreprises de rendre les prix et les informations avant achat plus clairs, d’éviter les mécanismes qui poussent à acheter davantage de monnaie virtuelle que nécessaire et de respecter le droit de rétractation des consommateurs. Elles insistent également sur la protection des publics vulnérables, en particulier les enfants. L’objectif est que les joueurs puissent comprendre ce qu’ils achètent et combien ils dépensent.

Pas d’interdiction générale des monnaies virtuelles
Cette initiative ne signifie pas que l’Union européenne interdit les monnaies virtuelles ou les microtransactions. Le réseau CPC demande aux entreprises de dialoguer avec les autorités et de répondre aux préoccupations soulevées. Si elles ne prennent pas les mesures nécessaires, les autorités nationales pourront envisager des actions coercitives pour assurer le respect des règles. Aucune sanction n’a été annoncée à ce stade dans le cadre de ces neuf actions.
La Commission européenne rappelle que des principes relatifs aux monnaies virtuelles dans les jeux ont été publiés en mars 2025. Ils visent à aider les entreprises à appliquer les règles existantes en matière de protection des consommateurs. Cette nouvelle démarche marque une étape supplémentaire : les autorités passent d’un cadre de principes à un dialogue ciblant des éditeurs et des jeux précis. Les suites dépendront des réponses apportées par les entreprises et de l’évaluation des autorités nationales.
Un dossier séparé autour de Microsoft et Activision Blizzard
Ces nouvelles actions ne doivent pas être confondues avec le dossier engagé plus tôt en 2026 contre Microsoft et Activision Blizzard, au sujet de Call of Duty: Mobile et Diablo Immortal. Celui-ci porte aussi sur la vente de monnaies virtuelles, mais examine d’autres pratiques, comme la collecte de données, les paramètres de contrôle parental, les sollicitations adressées aux enfants ou encore le blocage unilatéral de comptes. Le dialogue se poursuit également dans ce dossier distinct.
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