Les signaux d'alerte du cancer du sein sont encore trop peu connus : voici les réflexes à adopter
Moins de quatre femmes sur dix disent en connaître les symptômes, selon une enquête iVOX réalisée cet été à la demande de Novartis, en collaboration avec Pink Ribbon, auprès de 1.200 femmes en Belgique, dont 200 d'origine non belge.
L'écart est assez net. Plus de sept femmes sur dix connaissent une personne touchée par un cancer du sein et près de huit sur dix disent craindre, au moins occasionnellement, de développer elles-mêmes la maladie. Pourtant, seules 39% estiment en reconnaître les signes.
Le fossé est encore plus marqué chez les plus jeunes. Parmi les 18-39 ans, seule une femme sur quatre affirme connaître les symptômes, contre environ une sur deux parmi les 50-69 ans. Moins d'un tiers des répondantes disent par ailleurs pratiquer régulièrement une autopalpation.
L'avenir incertain de 22 cliniques du sein : "On se bat contre une décision prise en dépit du bon sens"Face à un symptôme inhabituel, le médecin généraliste reste le premier réflexe. Deux femmes sur trois (66%) disent qu'elles le consulteraient en premier lieu, contre 28% qui s'adresseraient directement à un gynécologue. Le recours à ce dernier varie toutefois fortement selon les régions: il est cité par 42% des Bruxelloises et 40% des Wallonnes, contre 20% des Flamandes. Les femmes d'origine non belge sont également plus nombreuses à faire ce choix (34%).
"Un décalage persiste entre le niveau de préoccupation et la connaissance de la maladie", souligne Evandro de Azambuja, oncologue à l'Institut Jules Bordet. Selon lui, observer régulièrement ses seins et consulter en cas de changement ne sont pas encore des réflexes suffisamment ancrés.
"Les femmes doivent connaître leurs seins et pratiquer l'autopalpation dès l'âge de 18 ans pour connaître leur anatomie et déceler les signaux d'alerte", insiste le médecin. "Un changement de couleur de la peau, un écoulement mamelonnaire, une augmentation de la taille du sein, une rétractation du mamelon ou encore des ganglions sont autant de signes qui doivent alerter."
Cancer du sein avec ou sans immunothérapie ? "Encore faut-il savoir quelles sont les patientes chez lesquelles seule la chimiothérapie est suffisante"À côté de ces signaux, les idées reçues ont encore la peau dure. Une partie des répondantes cite le déodorant, un choc ou un traumatisme au sein, les implants mammaires ou les soutiens-gorges à armatures parmi les éléments susceptibles de provoquer un cancer du sein. "Or, ces éléments n'impliquent aucun facteur de risque", rappelle Evandro de Azambuja.
En Belgique, 11.840 nouveaux cancers du sein ont été diagnostiqués en 2024, dont 11.741 chez des femmes. En 2023, 2.134 décès ont été attribués à la maladie. Chez les femmes, le cancer du sein reste de loin le cancer le plus fréquemment diagnostiqué, devant celui du poumon et le cancer colorectal.
"Et la maladie ne s'arrête pas aux portes du dépistage organisé (50-69 ans): un diagnostic sur trois est posé chez des femmes de 70 ans et plus. Plus le cancer est détecté tôt, meilleur est le pronostic", pointe Novartis.
Cancer du sein : le meilleur dépistage est celui auquel on participePour aider les femmes à mieux reconnaître les signaux d'alerte, la campagne "Wander Boobs", lancée à l'été 2025 par Novartis et Pink Ribbon, se poursuit cette année. Elle s'appuie sur deux modèles de seins hyperréalistes, conçus pour reproduire l'apparence et la texture de la peau d'une femme de 60 à 70 ans et présentant huit des neuf principaux signes d'alerte du cancer du sein.
Ces bustes itinérants continueront de circuler dans des hôpitaux, des institutions de santé et d'autres organisations. L'objectif est de permettre aux femmes de voir et de palper concrètement ces signes afin de mieux les reconnaître et de consulter plus rapidement en cas de doute.