15 ans plus tard, Deus Ex : Human Revolution fait toujours honneur à ses racines

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Deus Ex : Human Revolution

C'était le 23 août 2011, nous étions jeunes et insouciants, et Deus Ex : Human Revolution déboulait comme un drone chargé d'armes expérimentales pour griller nos neurones avant la rentrée des classes. Un petit miracle signé Eidos-Montréal dont nous reparlons encore longtemps à n'en pas douter.

Comment évoquer Deus Ex : Human Revolution sans tomber dans les superlatifs ? C'est le genre de projet imparfait à qui l'on pardonne tout. En même temps, livrer un héritier légitime au monstre sacré Deus Ex relevait du miracle, et pourtant, c'est bien ce que le studio naissant Eidos-Montréal a accompli. Nous y avons découvert le ténébreux Adam Jensen, loup solitaire et torturé à l'impeccable look néo-renaissance, avec ses bras de métal noir, ses nombreuses cicatrices sur la poitrine, sa propension à cloper mélancoliquement dans les fauteuils en cuir et son long manteau de beau gosse qui peut t'ouvrir du menton au nombril d'un coup de lame. Nous le suivions au fil d'une aventure internationale en plusieurs chapitres, de Detroit à l'Arctique en passant par la Chine, où nous avions le choix des armes pour tenter d'occire une terrible conspiration.

Deus Ex et des larmes

Deus Ex : Human RevolutionSi vous n'êtes pas familier avec les "immersive sims", comprenez qu'il s'agit d'un genre d'action-RPG pointu où le joueur peut accomplir ses objectifs de la manière qu'il lui plaît, parfois dans l'ordre qu'il désire, avec une grande liberté d'action et d'exploration. Pensez à des exemples célèbres comme Prey ou Dishonored. Deux Ex : Human Revolution incarnait cette liberté d'action avec un certain brio, sans jamais sacrifier sa narration passionnante, qui fait office de préquelle au premier épisode et montre la montée des discriminations envers les individus dotés d'augmentations mécaniques. Une vraie toile d'araignée entre complots, commentaires sociaux et retournements de situations qui tient encore la route aujourd'hui.

Deus Ex : Human RevolutionEt puis, Deux Ex : Human Revolution, c'était aussi un fer de lance de la Wii U. Ah non, attendez, ne riez pas ; c'est bien la Wii U qui a motivé Eidos-Montréal et son sous-traitant Straight Right à proposer la version Director's Cut revue et corrigée. Son principal intérêt était d'offrir de nouvelles solutions pour vaincre les différents boss sans forcément utiliser la manière forte. Une amélioration particulièrement nécessaire dans la mesure où la version de base pénalisait les spécialistes de l'infiltration et des runs pacifistes. En outre, des lumières et ombres retravaillées, des commentaires audio des développeurs et un court documentaire ont bien justifié l'arrivée de cette version nec plus ultra, qui a fini par s'extirper de la Wii U pour le plaisir de chacun.

Dystopie mon amour

Deus Ex : Human RevolutionDeus Ex : Human Revolution, c'est aussi un brillant exemple d'une sale manie de l'époque : glisser un important chapitre narratif en DLC pour inciter à l'achat. En effet, l'extension The Missing Link se déroule pendant une ellipse narrative clairement désignée dans le jeu de base, où Adam Jensen se retrouve capturé durant un long trajet en bateau et doit échapper à ses tortionnaires. Bon, en vérité, il s'agit d'un rare exemple de DLC imprévu où les développeurs ont jugé bon de combler ce trou de l'histoire avec un petit bonbon supplémentaire, mais à la sortie, difficile de nier que cela faisait mauvais genre... Impossible d'imaginer le même procédé aujourd'hui sans scandale de grande échelle.

Malgré cet écueil, Deus Ex : Human Revolution reste l'un des jeux les plus cultes de son époque, sa nature crépusculaire allant de pair avec l'extinction annoncée de la génération PS360. C'était la note d'intention d'un studio qui n'a fait qu'enchaîner les galères depuis. Sa suite Deus Ex : Mankind Divided a été un échec commercial et laisse la fin de la trilogie d'Adam Jensen en suspens ; Marvel's Guardians of the Galaxy a également été considéré comme un échec par son éditeur Square Enix ; et pour l'instant, Eidos-Montréal se retrouve cantonné à codévelopper Grounded 2 et Fable pour mettre du pain sur la table.

Si toutefois vous aimeriez renouer avec l'esprit Deus Ex : Human Revolution, sachez que le directeur artistique Jonathan Jacques-Belletête travaille actuellement chez Rogue Factor sur le jeu d'action-aventure Hell is Us, à paraître le 4 septembre sur PC, PS5 et Xbox Series. À surveiller pour les amateurs.

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