Test Gears of War: E-Day - Un retour aux sources brutal et spectaculaire

Test Gears of War: E-Day - Un retour aux sources brutal et spectaculaire

Vingt ans après avoir popularisé le genre du cover shooter TPS, Gears of War revient là où tout a commencé. À savoir, quatorze ans plus tôt, lors de ce fameux Emergence Day régulièrement évoqué depuis les débuts de la licence. Avec Gears of War: E-Day, The Coalition retrouve Marcus Fenix et Dominic Santiago alors que Sera vient à peine de sortir des guerres pendulaires et qu’une menace inconnue surgit brutalement sous ses pieds. Une manière de renouer avec l’ambiance sombre des débuts sans renoncer aux évolutions accumulées depuis vingt ans. Mais est-ce que ce retour aux origines permet réellement à Gears de retrouver ce qui faisait sa singularité tout en modernisant sa formule ?

Conditions de test : Nous avons terminé la totalité de la campagne en solo sur Xbox Series X avec le mode performance. Nous n’avons pas pu prendre en main le multijoueur étant donné que les serveurs n’étaient pas ouverts.

Sommaire

  • Sera puis Sera pas
  • Gears n’a jamais autant bougé
  • Un Gears bien au chaud avec ses couvertures
  • La claque technique de 2026 ?

Sera puis Sera pas

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Gears of War: E-Day – Marcus, toujours de bonne humeur // Source : ActuGaming

Bien avant la trilogie Gears of War, Marcus Fenix et Dominic Santiago sont encore deux soldats profondément marqués par les Guerres pendulaires. Le conflit vient de se terminer, mais la paix sera évidemment de courte durée. À Kalona, la terre se fissure et laisse surgir les Locustes, dont l’existence est alors totalement inconnue de l’humanité. E-Day choisit ainsi de nous plonger au cœur de là où tout a commencé pour mieux en mesurer l’impact.

Le contexte nous permet surtout de retrouver un Marcus et un Dom plus jeunes. La disparition encore récente de Carlos Santiago, frère de Dom et meilleur ami de Marcus, constitue l’un des fils conducteurs de leur relation. Les deux vétérans sont accompagnés par Mags Carter et Lucas Reyes, complétant une Escouade Bravo autour de laquelle s’organise l’essentiel de la campagne.

Bien que l’on reste dans un contexte militaire assez poussé, avec du sang, des muscles et des punchlines dignes d’un film de Michael Bay, Gears of War: E-Day parvient à placer quelques moments d’émotion bien amenés. De petits instants fugaces entre deux missions périlleuses qui permettent de souffler, tout en observant un Marcus et un Dom endeuillés, en quête de sens et désorientés par la situation. On apprend également à apprécier Carter et Reyes à travers quelques moments dédiés qui les interrogent sur leurs raisons de combattre. Malgré tout, le focus n’est clairement pas mis sur le développement des personnages.

Même si l’on comprend que l’action spectaculaire passe au premier plan, on regrette que ces moments d’accalmie soient bien trop rares durant la campagne. Passée la première heure de l’aventure, les interactions entre Marcus et Dom se comptent sur les doigts de la main, même si elles font leur effet. C’est dommage, car E-Day était justement l’occasion rêvée de développer tout cela. On ne lui en tiendra toutefois pas trop rigueur, étant donné que le titre est avant tout là pour faire parler les armes et raconter ce jour funeste à travers ses différentes missions, chose qu’il fait très bien.

Par ailleurs, c’est à travers les nombreux dialogues in-game que l’on ressent le mieux la dynamique de groupe de l’escouade Bravo. Portées par un doublage français de qualité, les interactions entre les membres de l’équipe rendent chaque mission vivante sans en faire des tonnes. Pour revenir sur la VF, rassurez-vous, nous ne sommes pas au niveau d’un Halo Campaign Evolved, mais bien face à des comédiens français habitués des films et séries, même si les crédits ne donnent pas davantage de détails. On regrette néanmoins José Luccioni (décédé en 2022), avec un Marcus doté ici d’une voix un peu plus terne, même si l’on finit par s’y habituer.

Gears n’a jamais autant bougé

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Gears of War: E-Day – « Quand on arrive en ville » // Source : ActuGaming

La campagne reste majoritairement dirigiste, mais s’autorise plusieurs quartiers plus ouverts. Ces derniers peuvent contenir des objectifs secondaires, des collectibles ainsi que des caisses servant à débloquer des améliorations. Heureusement, nous sommes loin des grandes étendues traversées dans Gears 5. E-Day cherche plutôt un compromis entre la progression très encadrée des premiers épisodes et quelques respirations laissant davantage de liberté.

Cela fonctionne plutôt bien la plupart du temps. L’escouade Bravo est ballotée dans plusieurs quartiers de la ville et enchaîne logiquement les missions pour secourir des civils ou sécuriser des zones clés. Ces passages ouverts permettent de rendre la progression très organique, tout en prenant le temps de découvrir Kalona. Cette structure implique également de revenir dans certains secteurs de la ville alors que celle-ci se transforme progressivement sous l’effet de l’invasion.

Même si nous étions un peu dubitatifs, les zones ouvertes parviennent réellement à nous marquer à chaque fois que l’on revient dans ces rues, avec une vision et des dangers totalement différents. Cependant, cette structure ouverte ne fonctionne pas toujours, notamment durant la seconde moitié de l’aventure, mais elle se veut la moins contraignante possible. Même les amateurs de collectibles n’auront pas à chercher dans chaque ruelle et cul-de-sac pour les dénicher.

En effet, une vibration et un indicateur sur la carte se déclenchent automatiquement lorsque vous passez à proximité. Habituellement, on condamnerait ce type d’assistance, mais pour un jeu comme Gears of War: E-Day, où l’exploration n’est clairement pas un élément essentiel, il s’agit d’un ajout particulièrement malin qui évite de trop casser le rythme.

Ce qui impressionne toutefois, c’est la variété de la campagne solo, qui est sans doute l’une des meilleures de cette génération dans le registre de l’action popcorn hollywoodienne. L’Emergence Day se ressent vraiment comme une journée interminable et riche en rebondissements. Les missions sont le plus souvent spectaculaires et imprévisibles. La licence se permet même un retour bienvenu à ses racines avec des passages davantage orientés vers l’horreur. En bref, on se régale du début à la fin.

Un Gears bien au chaud avec ses couvertures

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Gears of War: E-Day – Je lui taille un survet Locuste // Source : ActuGaming

Si E-Day nous replonge dans le passé, The Coalition n’a pourtant pas simplement recopié le gameplay de 2006. Le studio a reconstruit son système de déplacement et de couverture afin de conserver le poids caractéristique de la série tout en offrant davantage de mobilité. Marcus peut désormais sauter, glisser pendant un sprint, franchir plus naturellement certains obstacles et exploiter des couvertures beaucoup plus basses. Les décors sont ainsi moins structurés autour de l’éternelle succession de murets signalant immédiatement le début d’une fusillade. Les arènes gagnent en surface et en verticalité, tandis que les possibilités de repositionnement se multiplient.

Cet opus nous donne beaucoup plus de marge de manœuvre pour prendre les Locustes à revers et les contourner. D’autant que l’IA de ces derniers est très satisfaisante. Ils peuvent balancer des fumigènes pour déclencher une attaque au corps à corps, ou encore vous mettre la pression en s’approchant rapidement et en enchaînant les couvertures afin de vous acculer. Le bestiaire est également suffisamment varié, ce qui nous pousse régulièrement à sortir de notre couverture, à gérer plusieurs distances simultanément ou à revoir nos priorités au milieu d’une fusillade. L’IA de vos coéquipiers est également à la hauteur de la menace, même si l’on regrette un peu de ne pas avoir profité de l’aventure en coopération avec des amis.

Le cœur du gameplay reste cependant familier. On se protège, on surveille les déplacements des Locustes, on cherche une ouverture pour changer de position et on profite toujours du rechargement actif pour conserver l’avantage. L’arsenal retrouve plusieurs armes incontournables de la licence, tandis que quelques nouveautés viennent enrichir le catalogue. La fusion du vieux et du neuf fonctionne donc plutôt bien.

La progression passe également par différentes améliorations d’armes et d’armure, que l’on obtient dans les caisses évoquées précédemment. Certaines peuvent modifier sensiblement le comportement d’une arme plutôt que simplement augmenter ses statistiques, ce qui permet de personnaliser davantage son équipement. Le Lanzor peut par exemple intégrer des mods pour augmenter sa précision, accélérer le déclenchement de la tronçonneuse ou encore vous soigner en fonction de la manière dont vous éliminez un ennemi. E-Day enchaîne énormément d’affrontements et fait clairement de son gunplay son argument principal. Cela peut sembler répétitif à la longue, mais le système fonctionne tellement bien que le plaisir reste intact du début à la fin.

La claque technique de 2026 ?

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Gears of War: E-Day – Tout s’effondre // Source : ActuGaming

Ce retour à l’E-Day permet enfin à The Coalition de nous offrir du neuf visuellement, en donnant vie à une facette encore floue du lore. Contrairement aux épisodes se déroulant dans un monde où les traces de la guerre sont déjà anciennes, Kalona apparaît d’abord comme une ville encore vivante. On assiste ensuite directement à son effondrement en parcourant plusieurs fois les mêmes décors, mais à différents stades de l’invasion.

Gears of War: E-Day marque aussi le premier véritable passage de la licence à l’Unreal Engine 5. La transition est sans doute l’une des plus réussies de l’industrie, tant le rendu est à la fois moderne dans ses éclairages et la destruction qui accompagne régulièrement les combats, mais aussi familier dans son ambiance et sa direction artistique.

Si la campagne est aussi spectaculaire, c’est aussi en grande partie grâce à une réalisation bluffante. L’ambiance cherche également à retrouver une part de l’inquiétude du premier volet. Les couloirs plongés dans l’obscurité, la découverte progressive des Locustes et le spectacle de civils confrontés à une menace incompréhensible plongent de temps en temps le titre dans le registre horrifique. Les personnages bénéficient eux aussi de ce bond technique. Les visages, les armures, les matériaux et les animations profitent d’un niveau de détail renversant.

Même en mode Performance à 60 FPS sur Xbox Series X, le rendu est absolument impeccable, avec un niveau de détail monstrueux, alors même que, comme on vous le disait, l’exploration n’est pas une priorité. Néanmoins, nous avons subi quelques petites chutes de FPS dans les zones ouvertes ainsi que des crashs inexpliqués au cours de notre test. En espérant que cela soit corrigé rapidement.