Patrick Bruel, mis en examen dans des affaires de violences sexuelles, annule finalement sa tournée

Patrick Bruel, mis en examen dans des affaires de violences sexuelles, annule finalement sa tournée
Patrick Bruel photographié à Paris le 10 décembre 2024 

Patrick Bruel photographié à Paris le 10 décembre 2024   STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Alors que depuis plusieurs semaines des maires de France estimaient que Patrick Bruel n’était pas le « bienvenu » dans leurs villes dans le cadre de sa tournée, le chanteur a finalement annoncé ce mardi 1er septembre l’annulation de cette dernière. Dans un message publié sur Instagram, celui qui a été mis en examen en juin dernier pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel dans plusieurs dossiers, assure que s’il a voulu jusqu’à présent maintenir sa tournée « ce n’était ni un défi, ni une provocation », mais « simplement la volonté de monter sur scène faire mon métier ».

« Je constate qu’aujourd’hui, cette tournée est devenue autre chose. Elle est devenue l’incarnation d’un débat qui la dépasse. J’ai donc pris la décision d’annuler ces concerts », ajoute Patrick Bruel, qui dit vouloir protéger le public et les équipes. Le chanteur conteste par ailleurs les faits qui lui sont reprochés et assure que « cette décision ne signifie en rien » qu’il renonce à se « défendre » pour que « [son] innocence soit reconnue ». Patrick Bruel est mis en examen dans quatre affaires : un viol à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en 2008, une tentative de viol en 2010 à Bruxelles, une affaire d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel à Perpignan en 2019 et un dossier de harcèlement sexuel à Ajaccio, en Corse, en 2019.

Le chanteur est placé sous le statut, plus favorable, de témoin assisté dans quatre autres dossiers, dont un viol à Dinard (Ille-et-Vilaine) en 2012, un viol à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) en 2015, une tentative de viol en 2010 et 2011 à Neuilly-sur-Seine et du harcèlement sexuel en 2019 à Nyon en Suisse.

NousToutes salue l’annulation de la tournée de Patric Bruel

De Strasbourg à Amiens en passant par Dijon, Montpellier ou Chartes, plusieurs villes par lesquelles devait passer le chanteur lui enjoignaient de ne pas venir monter sur une scène. La tournée qui devait démarrer le 2 octobre, comptait plus d’une trentaine de dates à travers la France. Comme l’expliquait « Le Nouvel Obs », les édiles n’avaient que peu de manœuvres pour annuler ses concerts puisque dans la plupart des villes, les salles sont détenues par des organismes privés. Les mairies n’ont donc pas de prise sur la programmation des concerts ou des festivals. D’autres sont propriétaires des salles, mais les louent sans véritable droit de regard.

Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait jugé le 26 août que les « conditions » n’étaient pas réunies pour que le chanteur puisse lancer sa série de concerts. « Dans le moment que nous vivons, au regard du nombre d’affaires, du nombre de plaintes et des mises en examen qui sont en cours, je pense qu’il devrait de lui-même renoncer au fait de pouvoir tenir ses concerts », avait estimé la ministre. Début juin, le théâtre Edouard VII à Paris avait annoncé l’annulation des dernières représentations de « Deuxième partie », une pièce dans laquelle le chanteur donnait la réplique.

Le collectif féministe NousToutes a salué dans la foulée ce mardi l’annulation de la tournée « indécente » de Patrick Bruel. « Nous saluons l’énorme mobilisation féministe qui a permis que Patrick Bruel ne puisse plus se produire sur scène. La leçon, c’est que les mobilisations permettent de déprogrammer de tels agresseurs », a réagi Claudia, qui n’a pas voulu donner son nom, pour NousToutes. « Cette tournée était indécente, une insulte envers les victimes », a poursuivi la militante.

Par  Service Actu