"Pas du baseball", "Personne ne peut vendre notre sport", "Très préoccupant" : le nouveau projet de la FIFA se fait démonter par le monde entier

"Pas du baseball", "Personne ne peut vendre notre sport", "Très préoccupant" : le nouveau projet de la FIFA se fait démonter par le monde entier

Décidément, Gianni Infantino n'en manque pas une. Ce mardi, la FIFA a confirmé son intention de créer une société qui serait chargée de gérer ses activités commerciales, d'organiser la Coupe du monde et ses autres tournois et d'accroître "le financement alloué au développement du football", le tout grâce à l'arrivée d'investisseurs extérieurs.

Une idée qui est loin de faire l'unanimité. Voici les réactions les plus virulentes.

Blatter dézingue le projet

Tout le monde le sait, Gianni Infantino et Sepp Blatter ne sont pas en bons termes. Pour rappel, le premier a pris la succession du second à la tête de la FIFA.

L'ancien patron de l'instance est monté au créneau contre cette idée de société. "Personne n'a le droit de vendre notre sport", a martelé le Suisse. "La relation étroite entre le président de la Fifa et le président des États-Unis a pris une dimension financière qui porte un grave préjudice au football. Personne n'a le droit de vendre notre sport", a-t-il jugé sur X.

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Selon les éléments relayés par le Financial Times, le fonds d'investissement Thrive Eternal fait office de favori pour devenir le partenaire de la Fifa. Patron de l'entreprise, Joshua Kushner est accessoirement le frère cadet de Jared Kushner, gendre et ancien haut conseiller de… Donald Trump à la Maison-Blanche.

Les Fédérations dubitatives

Le président de la fédération française (FFF) Philippe Diallo a évoqué "un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football".

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La fédération néerlandaise (KNVB) a soulevé "une évolution très préoccupante pour le football international" tandis que son homologue anglaise (FA) s'est elle aussi dite "préoccupée". "Lorsque la proposition sera communiquée de manière complète et transparente, comme la FIFA s'y est désormais engagée, nous ferons clairement connaître notre point de vue et nous nous exprimerons plus en détail."

De même, l'Union belge (URBSFA) a indiqué à l'agence Belga qu'elle allait "examiner" le projet en détail avant de se positionner.

"Ce n'est pas du baseball"

Preuve que le dossier est sensible, cette proposition a même dépassé le cadre du sport. Notamment l'Union européenne qui a vivement dénoncé le projet. "Ces propositions soulèvent d'importantes questions au regard du droit de la concurrence", a estimé le commissaire européen Glenn Micallef. "Ce n'est pas du baseball. Pas touche à notre sport", a-t-il mis en garde dans une publication sur X.

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"Dans le cadre des compétences que lui confèrent les traités, la Commission européenne examinera ces propositions avec la plus grande attention", a-t-il averti.

"Nous sommes les gardiens de ce sport"

L'UEFA, qui regroupe les fédérations européennes du football, est immédiatement montée au créneau, estimant qu'une ligne rouge "avait été franchie".

Une autre confédération a rejoint la fronde contre le projet de Gianni Infantino d'ouvrir la Fifa à des investisseurs privés. "La CONCACAF n'a pris connaissance de cette affaire que par le biais d'informations parues dans les médias et, par la suite, via un communiqué de presse. Nous sommes vivement préoccupés par l'absence de respect des procédures établies", a dénoncé l'instance dirigeante du football nord-américain. "Nous partageons la déception de nombreux acteurs de notre région et du monde du football de voir un projet aussi détaillé élaboré et rendu public avant même toute discussion avec les instances dirigeantes et les parties prenantes concernées."

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Et de continuer sa contestation : "En tant que dirigeants du football, nous sommes les gardiens de ce sport. Collectivement, la Fifa, les confédérations et chaque association membre ont la responsabilité d'agir en permanence dans l'intérêt supérieur de la discipline. Chacune de nos décisions doit être guidée par les principes de bonne gouvernance, par des processus rigoureux et par une gestion responsable à long terme. C'est dans ce cadre que la CONCACAF opère. Nous avons la conviction que tous les membres de la famille de la Fifa agiront de la même manière."

Même son de cloche de la part de la Confédération asiatique, qui tacle à son tour la "vente de la Coupe du monde" : "L'AFC n'a pas été consultée sur cette proposition et regrette qu'une question d'une telle importance ait été rendue publique avant que la famille de l'AFC n'ait eu l'occasion de l'examiner et d'en débattre par le biais des instances de gouvernance appropriées et établies."

Si le projet, c'est le moins que l'on puisse écrire, ne fait pas l'unanimité, il pourrait tout de même passer. En effet, Infantino a sorti la planche à billets pour convaincre.

Les fédérations de football dans le monde, 211 au total, ont jusqu'au 19 septembre pour accepter son plan. S'il obtient 50 %, le plan passera alors devant le conseil de la Fifa et sera adopté assez rapidement. Celles qui acceptent reçoivent autour de 40 millions de dollars, les autres recevront beaucoup moins d'argent pour le plan de développement.