Présidentielle 2027 : "Je n’ai jamais été favorable à cette procédure"... François Hollande rejette la primaire du PS et mise sur un "moment de vérité" en décembre

Présidentielle 2027 : "Je n’ai jamais été favorable à cette procédure"... François Hollande rejette la primaire du PS et mise sur un "moment de vérité" en décembre

François Hollande a refusé de participer à la primaire socialiste pour 2027, prévue les 10 et 16 octobre, jugeant la procédure "plus divisive que rassembleuse". L'ancien président, qui se prépare à un éventuel retour, publiera le 3 septembre un livre de 300 pages, esquissant un programme présidentiel.

La primaire des socialistes se fera avec un éléphant en moins. Invité par Olivier Faure à rejoindre le processus de désignation du candidat socialiste et apparentés pour 2027, prévu les 10 et 16 octobre, François Hollande a décliné, ce vendredi 28 août, jugeant la procédure "plus divisive que rassembleuse".

"Même quand j'y ai participé en 2011 et que j'en ai été victorieux", a-t-il ajouté. Pour l’ancien chef de l’État, le scrutin d’octobre "risque de diviser" sans offrir la dynamique de 2011, où près de trois millions de votants avaient légitimé sa candidature. "Là, quoi qu’on en pense, il y aura peut-être dix fois moins de participants", estime-t-il.

Un processus "trop précoce" et "trop rapide"

Hollande ne se contente pas de critiquer la forme : il pointe un calendrier "trop précoce" et une procédure "trop rapide", tout en disant "respecter tous ceux et celles" qui y prendront part. Pour lui, le vrai rendez-vous se situera en décembre, "un moment de vérité" pour la droite comme pour la gauche, où "la clarification va avoir lieu".

Derrière ce refus de principe se dessine une stratégie de recours de plus en plus explicite. Depuis des mois, l’ancien président ne cache plus vouloir jouer sa propre partition et incarner, si besoin, une candidature de rassemblement au-delà du PS. Dans un entretien au Point, il a confirmé qu’il se présenterait si, à la fin de l’année, "la situation l’exige" et s’il a "la conviction qu’un rassemblement est possible" sous sa bannière.

Le pari du retour

De retour à l’Assemblée nationale après la dissolution de juin 2024, le député de Corrèze "se prépare" activement, affirment ses plus proches. Même s’il n’est pas encore officiellement candidat, il publie le 3 septembre "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche", un ouvrage de 300 pages qui ressemble à s’y méprendre à un programme présidentiel.

En 80 propositions, il y aborde la jeunesse, l’école, la santé, la défense, l’écologie, l’économie et les institutions. Sur les retraites, il propose de fixer l’âge légal à 63 ans au 1er janvier 2028, puis d’allonger progressivement la durée de cotisation, à rebours de la ligne du PS qui veut revenir à 62 ans. Il suggère aussi une part de capitalisation contrôlée par les partenaires sociaux et une désindexation partielle des pensions.

Côté fiscalité, l’ancien président défend une "politique de l’offre" : baisse des cotisations salariales pour "rapprocher le salaire net du brut", financée par une contribution sur les grosses successions et une hausse de la TVA de 20 à 24 %, compensée par un taux à 0 % sur l’énergie et les produits de première nécessité. Sur l’immigration, il préconise de "faire pression par tous les moyens" sur les pays qui refusent le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière. Reste à savoir si sa stratégie de l'embusqué, qui a fonctionné en 2011 mais échoué en 2022, peut se répéter dans ce paysage politique fragmenté.