Présidentielle 2027 : "Je viens dire à Bram que cette fois, le vote utile, ce sera nous", annonce Raphaël Glucksmann
Le cofondateur de Place publique, candidat à la primaire de la gauche, sera à Bram ce samedi 19 septembre 2026. À quelques semaines de la désignation du vote interne et quelques mois de la présidentielle, il a répondu aux questions de L’Indépendant.
Ces Rencontres de Bram arrivent en pleine présidentielle et en pleine fracture entre LFI compatibles et anti-LFI. C’est mal parti pour se rassembler après…
Je suis convaincu que nous saurons nous rassembler parce que nous savons ce qui est en jeu. Nous savons que la France est à la veille potentiellement d’une bascule avec la prise de pouvoir par l’extrême droite. Nous savons la responsabilité de notre famille politique, d’être celle qui l’empêchera et gagnera la présidentielle. C’est ça, l’objectif. Mais pour pouvoir gagner, il faut d’abord trancher. Sur la stratégie, pas simplement sur un casting de candidats, sur les compromissions et les errements de la gauche. Pour moi, cette primaire est un moment de refondation, les citoyens de gauche doivent s’en emparer pour refonder sur des bases claires. La politique c’est savoir trancher et vivre dans la clarté. C’est ce moment-là que nous nous apprêtons à vivre.
D’autres prétendants à L’Elysée seront là : Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Bernard Cazeneuve. Vous échangerez sur l’après-primaire ?
Le grand combat pour la France, la justice sociale, la République, pour remettre les travailleurs au cœur du contrat social… ce combat-là, qui sera un combat épique contre l’extrême droite, existentiel, nous le mènerons ensemble avec Bernard Cazeneuve, avec Jérôme Guedj, avec Emmanuel Maurel, avec tous ceux qui sont présents à Bram, et au-delà.
Quelle importance revêt Bram sur votre chemin politique ?
Bram c’est la gauche populaire, enracinée dans les territoires, une gauche qui s’inscrit dans la filiation des grandes figures du socialisme français et qui n’a renoncé à aucun de ses principes républicains. C’est le bon lieu pour se voir, se parler et pour rappeler qu’on a des principes en commun qu’on ne va ni sacrifier ni échanger contre des circos négociées avec LFI. C’est une fierté d’appartenir à cette gauche républicaine.
Carole (Delga) c’est une guerrière de la République.
Vous avez des soutiens de longue date dans la région, Michaël Delafosse, Agnès Langevine et bien sûr Carole Delga. Quels rôles ont-ils ou auront-ils dans votre campagne ?
Un rôle fondamental pour la primaire, ensuite dans la campagne présidentielle et ensuite dans le gouvernement de la France parce que, je le répète, nous, ce qu’on veut, ensemble, c’est gagner cette élection. Pour pouvoir changer la vie des travailleurs, remettre de la République partout, mener à bien la transition écologique. Je suis honoré de leur soutien et heureux de faire campagne avec eux parce que ce sont des gens de principe qui ont toujours tenu bon sur leurs convictions. Et moi, ce que je sais, c’est que Carole, avec qui je travaille depuis des années maintenant, Carole, c’est une guerrière de la République, qui se bat pour maintenir des industries en Occitanie, pour être à l’avant-garde de la transition écologique. C’est exactement ce dont nous avons besoin pour la France. Je suis convaincu que Michaël, Carole, Agnès et tous les camarades occitans sont déterminants dans le vote pour la primaire et pour refonder la gauche, ensemble.
Si vous remportez la primaire, un ticket Glucksmann-Delga, comme il existe un ticket Le Pen-Bardella, est-il envisageable ?
Mais il existe déjà le ticket Glucksmann-Delga. Ça fait des années que nous travaillons ensemble, que nous nous battons ensemble, que nous incarnons aussi une forme de complémentarité. Nous partageons les mêmes principes, les mêmes ambitions pour le pays, et nous sommes très proches.
Le moment de la refondation sur des bases claires.
Les fédés PS d’Occitanie pèsent 3-4 000 votes et vous semblent majoritairement favorables. Que ce soit la Haute-Garonne, l’Hérault, l’Aude, les P-O… vous venez à Bram convaincre les non encartés ?
Moi, je viens à Bram pour tout. D’abord parler des territoires oubliés de la République, des services publics, des travailleurs, de l’industrie et comment on ramène des usines sur nos territoires, comment on change la politique agricole commune en faveur de la majorité des agriculteurs qui ne s’en sortent plus, comment on décentralise le pays en donnant plus de poids aux Régions. Bien sûr je viens pour motiver les militants, parler avec eux parce que tout dépend d’eux. Je veux leur transmettre mon enthousiasme, ma détermination et puiser dans leur énergie la force d’aller encore plus haut et plus loin. Convaincre aussi ceux qui ne sont pas encartés mais se sentent de gauche et veulent pouvoir voter sans sacrifier une partie d’eux-mêmes. Cette fois, le vote utile ce sera nous. Le vote utile pour battre l’extrême droite, ce sera nous. Le vote utile pour tourner la page du macronisme, ce sera nous. Mais pour que ça marche, il faut d’abord qu’on se mobilise à cette primaire, que ceux qui ne sont pas encartés nous rejoignent en adhérant à la plateforme commune.
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Vous vous êtes engagé à soutenir le vainqueur de la primaire parce que vous allez la gagner ?
Moi, quand je participe à un processus, je respecte ses règles. Mais il y a une chose certaine, c’est que j’ai bien l’ambition de gagner cette primaire et que ce soit le moment de la refondation. C’est pour ça que j’appelle à la mobilisation, qu’un maximum de citoyens de gauche viennent voter.
Les législatives seront l’occasion d’une grande refondation.
Les législatives suivront de près la présidentielle, Place publique va-t-il s’élargir, refonder l’espace sociodémocrate, devenir un nouveau parti sur les cendres du macronisme ?
Place publique va s’élargir et est déjà en train de grandir. Nous avons des milliers d’adhésions depuis que j’ai déclaré ma candidature. Ces législatives seront l’occasion d’une grande refondation bien au-delà de Place publique. L’idée est de faire, avec des camarades socialistes, écologistes, une gauche démocrate et républicaine qui puisse gagner ces législatives et gouverner le pays, dans la clarté. J’ai bien dit gauche démocrate et républicaine, celle qui ne joue pas avec les noms juifs dans les meetings et qui ne brutalise pas le débat public. Une gauche capable de gouverner le pays. Avec Carole (Delga), Michaël (Delafosse), nous ne sommes pas du même parti mais nous avons vocation à mener nos combats électoraux ensemble et à gouverner le pays ensemble.
Quelles sont vos différences avec Emmanuel Macron ?
Massives. Je n’ai jamais cru dans le macronisme. On a eu au pouvoir un Narcisse qui a versé sur le pays des tombereaux d’arrogance. Moi, je serai à l’écoute du pays et je respecterai les institutions alors qu’il les a brutalisées avec son jupiterianisme. Je serai, moi, un président qui ne croit pas au ruissellement. Je serai le président de la révolution écologique parce qu’Emmanuel Macron a perdu 10 ans dans le combat sur le climat, la rénovation thermique des bâtiments, l’électrification… On verra très vite à quel point la gauche est très éloignée du macronisme. L’expérience de la "start-up nation" était une expérience de mépris et d’hubris, de mégalomanie. Il va falloir en revenir.
Concrètement, comment résoudriez-vous la crise des carburants, par exemple ?
Nous l’aurions anticipée car elle dure depuis mars et ça va se renouveler. Donc, dès mars, nous aurions permis par exemple aux auxiliaires de vie d’avoir accès au leasing social sur les voitures électriques pour 100 euros par mois. Il faut mettre le paquet sur ceux qui en ont besoin avec des aides ciblées pour les classes populaires élargies aux classes moyennes avec chèque énergie triplé à 200 euros. Le gouvernement est trop lent. Quant aux propositions de madame Le Pen de baisser les taxes, ça bénéficierait à des gens qui n’en ont pas besoin, en finançant le week-end à Deauville d’un bourgeois parisien. Ce qu’il faut, c’est des aides ciblées massives qu’on a budgétisées à 3,5 milliards financés par la taxation notamment des super profits des multinationales des énergies fossiles qui battent tous les records.