Que faire d’une pelouse brûlée par le soleil? “Arroser n’aura qu’un effet esthétique et le gazon sera moins résistant”

Que faire d’une pelouse brûlée par le soleil? “Arroser n’aura qu’un effet esthétique et le gazon sera moins résistant”

Quelques averses sont encore attendues çà et là ces prochains jours, mais il est peu probable qu’elles suffisent à reverdir les nombreux jardins mis à mal par la sécheresse. Comment réagir? Faut-il sortir le tuyau d’arrosage, ou épandre un peu d’engrais? Les experts en jardinage Frederik De Vos et Stefaan Bingé expliquent comment réagir pour retrouver un peu de verdure.

Felix Ferret

Source: HLN

23 juillet 2026, 12:42Dernière mise à jour: 12:51

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Commençons par une bonne nouvelle: dans la plupart des cas, une pelouse brune n’est pas une pelouse morte. Elle se rétablira généralement, sauf si elle est complètement desséchée, assure Stefaan Bingé, du service de santé environnementale De Tuindokter, basé à Deinze. “Ce que l’on voit actuellement, c’est la partie aérienne qui meurt. Les racines, elles, survivent, à moins que la sécheresse ne dure si longtemps qu’elles finissent elles aussi par se dessécher.”

Mais toutes les pelouses ne se valent pas. “L’herbe se régénère toujours à partir des racines, et toutes les pelouses n’en sont pas capables avec la même efficacité”, confirme le jardinier. Cela dépend notamment des espèces de graminées et du type de sol. “Des variétés comme le pâturin des prés ou les fétuques développent des racines plus profondes et résistent mieux aux contraintes extrêmes, comme sur les terrains de festival, où leurs racines peuvent atteindre jusqu’à 60 centimètres de profondeur”, illustre-t-il. La nature du sol joue également un rôle déterminant dans la vitesse de récupération. “Un sol sableux se dessèche bien plus rapidement qu’un sol limoneux ou argileux.”

Sécheresse

Mercredi, quelques averses sont tombées par endroits sur notre pays, et d’autres sont encore annoncées cette semaine. Mais cela ne suffira pas à relancer la reprise de la pelouse.

“Il faut vraiment beaucoup d’eau”, insiste l’entrepreneur paysagiste Frederik De Vos. “Il faudrait compter plusieurs jours consécutifs avec environ 10 litres d’eau par mètre carré. Si, en plus, les températures redescendent autour de 25 °C au lieu des records de chaleur des dernières semaines, vous verrez une herbe plus verte réapparaître après une ou deux semaines.”

Tant que le sol est complètement sec et dur, une brève averse pénètre à peine jusqu’aux racines

Stefaan Bingé confirme: “Tant que le sol reste extrêmement sec et dur, une brève averse ne pénètre qu’à peine jusqu’aux racines. Il faut des précipitations régulières, réparties sur plusieurs jours, pour obtenir un réel effet.” En d’autres termes, si les faibles pluies de cette semaine sont les bienvenues, la véritable reprise ne commencera qu’avec des températures plus fraîches, des pluies prolongées et les premières rosées de l’automne.

En attendant, mieux vaut ne rien faire et laisser la pelouse suivre son cycle naturel. Arroser maintenant n’a guère d’intérêt. “L’effet est essentiellement esthétique: la pelouse paraîtra peut-être un peu moins brune, mais un arrosage superficiel encourage les racines à rester près de la surface. Votre gazon sera alors encore moins résistant lors de la prochaine période de sécheresse.”

Tondez moins

Si vous souhaitez rendre votre pelouse plus résistante à la chaleur, il est préférable de repenser le modèle classique du gazon tondu très court. “Avec notre climat estival actuel, ce n’est pas toujours le meilleur choix, car la verdure est alors moins robuste”, explique Bingé. Il reconnaît toutefois que la tonte très courte reste profondément ancrée dans nos habitudes et que beaucoup apprécient l’aspect d’une pelouse parfaitement rase.

Dès que l’herbe reprend vie en septembre, vous pouvez apporter un supplément d’engrais et regarnir

En dehors du fait de laisser l’herbe pousser, il y a peu de choses à faire pour l’instant. Apporter de l’engrais serait une mauvaise idée: l’herbe n’a pas besoin d’une croissance rapide et cela favoriserait à nouveau une pelouse moins résistante.

© Getty Images

“Dès que la pelouse recommencera à pousser, en septembre, vous pourrez apporter un peu d’engrais et resemer les éventuelles zones dégarnies”, conseille le paysagiste. Mais n’utilisez pas le même engrais qu’au printemps. Les besoins en azote sont alors plus faibles, car l’herbe doit se préparer à l’hiver plutôt qu’à une croissance rapide. Et si vous souhaitez fertiliser de manière ciblée, commencez par faire analyser votre sol. “Cela coûte environ une centaine d’euros, mais permet d’éviter bien des dépenses inutiles. Rapporté au mois, cela revient au prix d’une tasse de café”, souligne Bingé.

La patience avant tout

Pour les deux experts, la patience reste le maître mot. “À ce stade, il est impossible de savoir si une racine est morte. Il est inutile de la déterrer et, pour un non-spécialiste, il est très difficile de distinguer une racine saine d’une racine endommagée. Vous risquez seulement de provoquer davantage de dégâts. Le mieux est de laisser la pelouse se reposer et d’attendre”, explique Bingé.

Aucune pelouse ne peut résister aux conditions météorologiques estivales que nous avons déjà connues

Frederik De Vos rappelle que ceux qui souhaitent profiter plus longtemps d’une pelouse verte pendant l’été doivent en poser les bases dès le printemps. “Une bonne structure du sol, ni trop compacte ni trop acide, détermine en grande partie la capacité de votre pelouse à résister aux fortes chaleurs.”

Par ailleurs, une pelouse qui semble morte est rarement irrécupérable. “Même une pelouse qui paraît complètement desséchée finit généralement par se rétablir. Certaines mettent simplement plus de temps que d’autres. Ce n’est que lorsque l’herbe a réellement disparu qu’il faut envisager un nouveau semis. Mais face aux conditions météorologiques estivales que nous avons déjà connues, aucune pelouse n’est véritablement capable de résister.”

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