"Ridicule", "grotesque", "honte" : pluies de railleries politiques après le rétropédalage de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique

"Ridicule", "grotesque", "honte" : pluies de railleries politiques après le rétropédalage de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique

l'essentiel Quelques heures seulement après avoir annoncé son départ du gouvernement pour protester contre l'adoption de la loi d'urgence agricole, Monique Barbut reste finalement à son poste. La ministre de la Transition écologique a accepté de poursuivre sa mission après le refus de sa démission par Emmanuel Macron, déclenchant de vives critiques de l'opposition sur ce revirement express.

Sa démission n'aura finalement duré que quelques heures. Après avoir annoncé mercredi matin son départ du gouvernement pour protester contre l'adoption définitive de la loi d'urgence agricole, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a finalement renoncé à quitter ses fonctions.

À la mi-journée, son cabinet a indiqué à l'AFP que la ministre avait finalement "accepté de poursuivre sa mission à la demande" d'Emmanuel Macron, "qui l'a assurée de son soutien". Le chef de l'État a refusé sa démission, tandis que Monique Barbut a choisi de rester "face à l'urgence d'agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement le pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale". Son entourage précise toutefois qu'elle maintient "son désaccord à la loi agricole sur la version définitive du projet de loi d’urgence agricole".

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Quelques heures plus tôt pourtant, la ministre avait annoncé sur LinkedIn qu'elle présenterait sa démission au président de la République, dénonçant un "recul environnemental de trop". Elle reprochait notamment au gouvernement d'avoir "empêché", selon elle, un débat sur la suppression d'une mesure controversée concernant les pesticides.

"Du rififi chez les zombies"

Jean-Luc Mélenchon, qui avait d'abord salué la décision de la ministre, estimant qu'elle plaçait "sa conscience humaine au-dessus des injonctions politiciennes de la coalition pour les pesticides et les lobbies de l'agrobusiness", s'est montré beaucoup plus sévère après son revirement.

"Du rififi chez les zombies. (...) Adieu les postures héroïques, l'honneur et le reste. Ces gens ont inventé la honte transpartisane, a fustigé sur X le candidat insoumis à l'élection présidentielle. Ils dégoûtent tout le monde! Ils empoisonnent la terre et les enfants en connaissance de cause, puis ils se calent dans leurs fauteuils et regardent ailleurs. Qu’ils s’en aillent tous!"

Du rififi chez les zombies.

La ministre de l’écologie, démissionnaire il y a une heure, accepte finalement de continuer « sa mission » parce que le président Macron la soutient. Contre qui ? Contre le vote des députés macronistes manipulés par le premier ministre Lecornu et…

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 22, 2026

"Comme la canicule, Monique Barbut revient", ironise de son côté le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud. Avant le revirement de la ministre, il avait écrit : "Sous Emmanuel Macron, les ministres de l'environnement changent encore plus vite que le climat : voilà le seul dérèglement que ce gouvernement maîtrise"

Même tonalité chez l'écologiste David Belliard. "Monique Barbut était une ministre de l'Écologie invisible. Elle est maintenant, aussi, ridicule. Pathétique", a estimé le maire du 11ᵉ arrondissement de Paris.

À droite, l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy a dénoncé "un nouvel épisode grotesque". "Comment rater même sa démission...", a-t-il écrit, voyant dans cette séquence le symptôme "de la déraison au sommet de l'État" et d'"une incohérence totale revendiquée par ce gouvernement".

Comment rater même sa démission…

Ce nouvel épisode grotesque n’est qu’un symptôme. Celui de la déraison au sommet de l’État : rendre à une agence sanitaire la responsabilité de trancher sur l’emploi d’une molécule est désormais un scandale. De l’irresponsabilité personnelle et… https://t.co/qolcA7Rqtz

— Fx Bellamy (@fxbellamy) July 22, 2026

Le Rassemblement national s'est également joint aux critiques. Son vice-président, Sébastien Chenu, a fustigé sur X "les sous-doués qui nous gouvernent", estimant que ce retour en arrière "décrédibilise encore davantage la politique".