Rien n’a tourné rond pour Pauline Ferrand-Prévot sur le Tour de France femmes
Il n’a pas été nécessaire d’attendre samedi et les heures précedant le départ pour se rendre compte que ce n’était pas son année. Native de Reims, Pauline Ferrand-Prévot a sans doute rapidement senti que 2026 n’avait rien du grand cru.
En un an, la coureuse de Visma-Lease a bike est passée de tout à rien. D’une démonstration dans les bosses synonyme de maillot jaune final à des arrivées d’étape loin de la tête avec un abandon à deux jours du terme.
Samedi, autour de 13 heures, les curieux venus se poster au village départ à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) n’ont pas vu le dossard n°1 de la Française au moment de la présentation des équipes. Ferrand-Prévot, patraque au réveil, et sa formation ont opté pour la sagesse en mettant le « clignotant » plus tôt que les autres. Pas de 8e étape, retour au bercail avec de la fatigue et un moulon de questions.
Une bonne préparation mais pas de victoire avant le Tour
La tenante du titre n’a jamais été au niveau attendu après une préparation pourtant présentée comme astreignante et minutieuse. Mais la championne olympique de VTT (2024) n’avait pas encore gagné cette saison et son Tour 2026 n’a pas confirmé son travail de l’ombre. La faute à qui ou à quoi ?
« Ce n’est jamais qu’une seule chose, c’est une approche globale, observait samedi son manager et entraîneur Rutger Tijssen auprès de L’Equipe. Quand toutes les pièces du puzzle s’emboîtent correctement, cela peut très bien se passer. Mais il suffit de retirer une pièce pour que le puzzle ne ressemble plus à grand-chose. La question désormais va être : quelles sont les pièces manquantes ? »
Plutôt nerveuses, les premières étapes de cette édition 2026 réclamaient un punch que « PFP » n’a pas forcément mais elle le savait par avance et n’a pu être surprise. « Les parties explosives sont un challenge pour elle », reconnaît son coach, sans se réfugier derrière cet argument.
Avec sa (mé)forme du moment, tout est devenu mission et chaque étape a davantage creusé son retard sur la tête... Vendredi, le débours s’est même élevé à 14’37’’ après la difficile ascension du Mont-Ventoux (10’44’’ derrière la vainqueure d’étape).
« Il va falloir comprendre »
Souriante à chacune de ses prises de parole ou presque, la Tricolore n’a jamais perdu en lucidité pour autant. Les fausses excuses, très peu pour elle. « Si vous n’avez pas les jambes, vous perdez du temps, analysait-elle sans détour au soir du Ventoux. C’est ce qui est arrivé. Il n’y a pas de regrets à avoir. Parfois, on travaille dur et ça ne paie pas forcément. »
L’abandon annoncé samedi a sans doute mis fin au supplice de Ferrand-Prévot, habituée à gagner sur tous les terrains mais désormais face à quelques problèmes à régler. « Il y a eu des petits signaux qui ont commencé après la 3e étape, situait encore Rutger Tijssen. Elle ne se sentait pas bien, pas capable de courir comme elle voudrait. Ce n’est pas vraiment une histoire de chiffres, plutôt d’observation. [...] Il va falloir comprendre ce qui s’est passé ici pour elle, en faire l’analyse. » Et revenir l’année prochaine ?