TÉMOIGNAGE. "J'ai agi instinctivement" : en pleine promenade, il fonce au milieu des fumées pour sauver une dame de 89 ans d'un incendie dans ce village du Lot-et-Garonne
l'essentiel Malo, marin-pompier de Marseille de 30 ans, a vécu un après-midi particulier ce samedi 29 août. Alors qu'il se promenait avec sa femme, son fils et des amis à Penne-d'Agenais, son village d'origine, le militaire a été confronté à un incendie dans une vieille bâtisse. À l'intérieur figurait une dame âgée de 89 ans, déboussolée. Sans trop réfléchir, l'homme a mis la sinistrée hors de danger et a éteint les flammes avec les moyens du bord. Une belle histoire qu'il aborde pourtant avec beaucoup de modestie.
En ce mardi de rentrée des classes, Malo nous répond sous un soleil radieux depuis la cité phocéenne. À l'autre bout du fil, le trentenaire dégage le calme et la simplicité des hommes peu taillés pour les projecteurs. Pourtant, trois jours plus tôt, à près de 400 kilomètres de Marseille à vol d'oiseau, un drôle d'événement aurait pu lui nourrir un orgueil de fanfaron. Mais il n'en est rien. Il préfère dérouler le fil de son anecdote comme l'on raconterait une petite course au supermarché du coin.
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Samedi 29 août après-midi. Malo, marin-pompier de Marseille, achève sa permission. Pour clore les congés d'été en beauté, il accueille un couple d'amis à Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne), son fief. Avec sa femme, Pauline, et son fils, tous les cinq flânent dans les rues pavées et pentues du village médiéval. Sur le parvis de la basilique Notre-Dame-de-Peyragude, l'heure est au cliché souvenir. Un couple de promeneurs lance une blague "sur le prix de la photo". La petite troupe s'en amuse.
Un départ de feu dans une maison
Mais quelques secondes plus tard, les rires disparaissent. L'ambiance change drastiquement. À quelques jets de cailloux, ce même couple crie : "Au secours !". "On a entendu un gros bruit, puis en arrivant, j'ai vu de la fumée", retrace le militaire. Le groupe rapplique. Dans la cuisine d'une vieille maison, une gazinière commence à prendre feu. Une épaisse fumée se répand dans l'habitation. À l'intérieur se trouve encore une dame âgée de 89 ans.
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La suite appartient à l'instinct. L'ex-pompier volontaire de Villeneuve-sur-Lot s'engouffre dans le logement. "Je suis allé chercher la dame dans les fumées, déroule-t-il. Je l'ai sortie de la maison. Ensuite, j'y suis retourné pour éteindre le gaz et l'électricité. Dehors, j'ai trouvé un tuyau d'arrosage et j'ai éteint le feu." Le tout avant même l'arrivée des secours, prévenus par sa compagne.
"Elle était un peu ailleurs"
Bilan : pas de victime. Les dégâts matériels, eux, se limitent à un placard noirci, une poignée d'ustensiles abîmés et un peu d'électroménager hors d'usage. Le drame a été évité de justesse. Car l'octogénaire, elle, semblait déboussolée au milieu de ce sinistre. "Elle était un peu ailleurs, partage Malo. Quand je l'ai sortie, elle n'était pas tant perturbée. Pourtant, il y avait des flammes de trente centimètres derrière elle."
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Au final, tout est bien qui finit bien. Les sapeurs-pompiers transportent la Pennoise à l'hôpital, légèrement incommodée par les fumées mais sans gravité. Les promeneurs peuvent reprendre leur déambulation. Le soir même, le fils de la rescapée adresse de chaleureux remerciements au groupe.
Trois jours après ce drôle d'après-midi, le papa de 30 ans refuse d'endosser le costume du héros. Inutile de lui parler de "fierté". Il a fait "comme au travail". "C'était un imprévu, mais je me suis vite formaté dans ma tête, évoque-t-il sobrement. J'ai agi instinctivement. On répète tellement ce genre d'exercices que c'est naturel." Pour lui, secourir n'est ni un acte de bravoure, ni un exploit hors norme. C'est juste un réflexe. Et c'est probablement cette modestie qui rend le geste encore plus noble.