Vendre des parts de la Coupe du monde à la famille Trump, le nouveau projet fou de Gianni Infantino

Vendre des parts de la Coupe du monde à la famille Trump, le nouveau projet fou de Gianni Infantino

Sport 29/07/2026 11:35 Actualisé le 29/07/2026 12:42

Le président de la Fifa veut lever 10 milliards auprès d’investisseurs privés représentés par un membre de la famille Trump. De quoi relancer les accusations de népotisme.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, aux côtés du président des États-Unis, Donald Trump, présente le trophée de la Coupe du monde après la finale Espagne - Argentine, le 19 juillet 2026.

EVRIM AYDIN / Anadolu via AFP

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, aux côtés du président des États-Unis, Donald Trump, présente le trophée de la Coupe du monde après la finale Espagne - Argentine, le 19 juillet 2026.

EN BREF
La Fifa, sous Gianni Infantino, souhaite lever 10 milliards en vendant des parts de la Coupe du monde, avec Joshua Kushner, le frère du gendre de Donald Trump, comme investisseur clé.
Ce projet cherche à maximiser les revenus via des changements dans l’organisation du tournoi.
L’UEFA et des figures politiques, comme le Premier ministre britannique, s’opposent fermement à cette initiative.

L’IA au HuffPost.

Quelques jours sans polémiques étaient déjà trop pour l’infatigable Gianni Infantino. Après une Coupe du monde de tous les excès, le quotidien britannique The Times a révélé une information choc dans le monde du football ce mardi 28 juillet. Le président de la Fifa chercherait ainsi à vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Et ces derniers seraient représentés par nul autre qu’un certain Joshua Kushner : le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et homme à tout faire du président américain.

La Fifa a elle-même confirmé quelques heures plus tard une grande partie des informations du Times. « L’administration de la Fifa explore l’idée de réunir tous les droits commerciaux - la diffusion, le sponsoring, la billetterie, l’octroi de licences - avec la mise en œuvre opérationnelle de ses tournois à travers la création de la Fifa Forward Enterprise (FFE) », explique l’organisation dans un communiqué, affirmant vouloir « exploiter pleinement le potentiel des droits de diffusion et des contrats de sponsoring de la Fifa ».

Derrière les éléments de langage et les tournures alambiquées pour défendre un projet vertueux visant à « développer le football à l’échelle mondiale », celui-ci est finalement le mieux résumé ainsi : « la Fifa invitera des tiers à réaliser des investissements minoritaires, sans pouvoir de contrôle ». L’objectif affirmé est de générer près de 10 milliards de dollars.

Un rôle omnipotent pour Gianni Infantino

Mais les révélations du Times décrivent - sans grande surprise - un projet bien plus mercantile que celui présenté par la Fifa. La priorité serait d’encore davantage maximiser les revenus de la Coupe du monde, véritable poule aux œufs d’or. Les idées sont déjà là : augmenter à nouveau le nombre d’équipes présentes (déjà passées de 32 à 48 en 2026) pour encore davantage de rencontres, organiser la compétition dans des lieux visant à maximiser la rentabilité commerciale, ou encore l’organiser encore plus fréquemment qu’actuellement (tous les quatre ans).

Ce projet, qui doit encore être validé par le Conseil de la Fifa, est néanmoins déjà bien avancé. L’instance explique d’ores et déjà travailler avec la banque d’affaires J.P. Morgan, mais aussi et surtout avec le fonds d’investissement Thrive Eternal. Un nom inconnu du grand public, mais qui a donc été fondé par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, omniprésent à la Maison Blanche.

De quoi de nouveau relancer les accusations de népotisme de la part du président américain et Gianni Infantino, qui n’ont cessé d’afficher leur proximité ces dernières années. D’autant plus que le président de la Fifa aurait sans grande surprise un beau rôle dans cette nouvelle organisation : il en deviendrait évidemment le directeur général à la fin de son mandat à la tête de la Fifa, avec un salaire estimé par certaines sources auprès du Times à… 64 millions de dollars par an. Soit dix fois plus que ses revenus actuels.

Les nations européennes vers un boycott ?

Ce projet a déjà fait beaucoup réagir. À commencer par l’UEFA, l’instance européenne des fédérations de foot, en conflit ouvert avec la Fifa ces dernières années. « Cela franchit une ligne que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais franchir », a affirmé l’organisation dans un communiqué. « L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à négocier – surtout en l’absence totale de transparence quant à ceux qui en tirent un avantage financier ». Selon le média britannique Skynews, une réunion d’urgence est prévue ce mercredi à l’UEFA, avec en question un possible boycott des futures Coupes du monde en cas de maintien de ce projet.

L’Union européenne a également réagi ce mercredi : « La commercialisation effrénée du football a pris une tournure néfaste. Elle menace les éléments mêmes qui ont fait du football le sport le plus populaire au monde », a déclaré Glenn Micallef, commissaire européen aux Sports. « Pas touche à notre sport », a-t-il mis en garde dans une publication sur X.

Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a aussi exprimé son opposition à ce projet. « Le football n’appartient pas aux investisseurs. […] La Coupe du monde n’est pas un produit. C’est la plus grande compétition du sport mondial, et elle n’a jamais appartenu à qui que ce soit pour être vendue », a-t-il écrit sur son compte X.

« Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n’avons aucun détail. Et qui (...) soulève beaucoup d’interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n’aient pu être associés et ne disposent d’aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l’avenir du football », a quant à lui déploré ce mercredi Philippe Diallo, président de la FFF, interrogé sur France Inter. Des paroles qui nécessitent désormais des actes.