Vosges. « Unique dans une vie », Matthieu Laurent, de la ferme du Pichet, raconte le tournage d’une émission avec 8 influenceurs pour Prime Vidéo

Vosges. « Unique dans une vie », Matthieu Laurent, de la ferme du Pichet, raconte le tournage d’une émission avec 8 influenceurs pour Prime Vidéo

À Norroy, la ferme du Pichet a vécu une expérience singulière. Matthieu et son frère Bruno Laurent ont partagé leur quotidien d’éleveurs avec une bande de huit créateurs de contenus. L’émission Les Fumiers diffusée sur Prime Vidéo, vise à faire découvrir à des influenceurs, venus des réseaux sociaux, la réalité du travail agricole.

Le casting est destiné à toucher un public très jeune. À la ferme, les participants sont considérés comme des « stagiaires », confrontés aux tâches quotidiennes, avec quelques épreuves et jeux pour pimenter l’expérience.

Mais cette belle histoire a failli ne jamais démarrer. Lorsque la production le contacte, Matthieu croit d’abord à un canular. « Ils nous ont appelés trois fois, avec trois personnes différentes, à trois mois d’intervalle. » Finalement, les gérants acceptent et l’équipe vient repérer les lieux.

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Les choses s’accélèrent : une quinzaine de personnes débarquent puis une imposante équipe technique. S’ils ont accepté ce tournage, c’est pour « la visibilité, déjà », explique l’éleveur, dont l’exploitation est en pleine expansion après des investissements dans la fromagerie. Mais aussi pour l’expérience. « Un tournage à la ferme, je pense que c’est unique dans une vie. »

La traite du matin avancée d’une heure et demie

Le quotidien, lui, a été sérieusement chamboulé. « On a tout changé en fait », avoue-t-il. La traite habituellement réalisée à 6 h 30 était avancée à 5 heures pour permettre d’enchaîner les séquences. Pendant cinq jours, il a fallu composer avec les caméras, le son, la réalisation et une équipe pouvant compter jusqu’à 80 personnes. « Quand on avait un quart d’heure, on allait faire un peu le boulot de la ferme, mais quand on nous appelait, il fallait revenir au plus vite. »

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Des préjugés balayés par cinq jours d’immersion

Avant le tournage, Matthieu Laurent ne connaissait aucun des huit influenceurs, à l’inverse de ses enfants. Il reconnaît même avoir eu quelques a priori sur leur métier. « On se demande ce qu’ils font de leur journée, qu’ils gagnent de l’argent juste en se filmant. » Mais les journées passées ensemble changent son regard. « Ils nous ont expliqué leur emploi du temps, ce qu’ils faisaient… Je me suis dit : “nous, on travaille comme des durs, on gagne beaucoup moins qu’eux”. Mais ils doivent être plus malins que nous », plaisante l’agriculteur.

Traite, soins aux vaches, fromagerie, vente au magasin, ferme pédagogique… les influenceurs parisiens ont découvert la vie à la ferme du Pichet.   Photo Guillaume Mirand

Traite, soins aux vaches, fromagerie, vente au magasin, ferme pédagogique… les influenceurs parisiens ont découvert la vie à la ferme du Pichet.   Photo Guillaume Mirand

Car la venue « des influenceurs parisiens à la ferme » ne correspondaient pas au cliché redouté. « Première journée, on s’est dit : “ça va être beau”. Et puis après, ils s’y sont mis. » Jusqu’à reconnaître l’appétence de certains. « Je ne dirais pas que je les embaucherais, mais ils pourraient travailler chez nous. »

Traite, soins aux vaches, fromagerie, vente au magasin, ferme pédagogique … Le programme est resté ancré dans la réalité du métier, malgré la partie divertissement. « On a montré notre profession sans exagérer tout en s’amusant. »

Un peu d’émotion à la fin du tournage

Les frères Laurent (à gauche, Bruno ; à droite Mathieu) de la ferme du Pichet ont accepté le défi de ce tournage. Photo Guillaume Mirand

Les frères Laurent (à gauche, Bruno ; à droite Mathieu) de la ferme du Pichet ont accepté le défi de ce tournage. Photo Guillaume Mirand

L’aventure s’est terminée mercredi dernier dans l’émotion. « À la fin, j’ai versé une petite larme, pour la première fois en dix ans », confie-t-il. Les participants sont devenus « des amis proches ». Autour d’une munstiflette et d’une tarte aux mirabelles, l’équipe de tournage a même fini par entrer dans le cercle familial. Une expérience qu’il serait prêt à renouveler, même s’il reconnaît que « cinq jours par an, j’en aurais assez, parce qu’il faut quand même qu’on travaille. »

Pour les deux frères, il reste désormais à découvrir le résultat à l’écran. « On attend de voir. Apparemment, les épisodes sont pas mal. » Les cinq premiers seront disponibles ce samedi sur Prime Vidéo. En attendant la ferme du Pichet capitalisera sur sa visibilité avec une journée portes ouvertes ce dimanche de 10 h à 18h.