"Je me souviens de mon grand-père qui découpait quotidiennement les aventures de Max l'Explorateur et de Hägar Dünor dans les pages de son journal. Il les reliait avec soin pour en faire des albums que je lisais en les manipulant avec soin, comme un trésor, chaque fois que je passais quelques jours de vacances chez lui", se souvient, des étoiles plein les yeux, Nathalie, jeune sexagénaire, à l'évocation des comic strips, ces petites bandes dessinées, de trois ou quatre cases qui se sont imposées pendant plus d'un siècle dans la plupart des journaux ou des magazines imprimés. "Sans ces bandes dessinées, au sens strict des mots, je n'aurais jamais ouvert un journal quand j'étais gamin", sourit Olivier, son mari. Le tour de table est lancé. Chacun y va de son souvenir. The Phantom, Garfield, Snoopy, Calvin et Hobbes, Nelson ou Mandrake, le magicien… Les noms claquent, des silhouettes se dessinent, le plus souvent tramées en noir et blanc.